Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 21:10

2693639926_e4b0ed2551.jpgCertains se plaisent à penser que la Théonomie n'est qu'une forme élaborée de l'Hétéronomie visant à enfermer la véléité autonomiste d'un individu ou d'un peuple. Bien au contraire. Depuis le XVIe siècle, Luther, parlant du Serf Arbitre a su présenter que l'articulation entre la liberté et l'esclavage est activée par la Grâce et la miséricorde de Dieu qui lui donne tout son sens : L'homme est coupable et incapable de déterminer ce qui est bon pour lui. Tout système ou personne tiers voulant le déterminer est voué à l'échec. La loi divine, qu'en à elle n'a d'autre fonction que de démontrer que tout homme est incapable de s'autodéterminer. Plongé dans le gouffre de l'impossible, l'Homme n'a d'autre espoir que d'accepter (ou de refuser) cette Grâce Divine. Avec Dieu, ce n'est pas que le chemin soit impossible... C'est l'impossible qui est le chemin !

Afin d'aller un peu plus loin, je vous invite à (re)découvrire ce merveilleux article de Pierre Courthial, de la Faculté Jean Calvin (ancienne FLTR) d'Aix-en-Provence.

La Théonomie Face à l'Autonomie Humaniste

L'Humanisme Défait Par la Loi de Dieu

Par Pierre Courthial (*)

Il est à noter que le mot latin Lex (Loi) a souvent désigné, de façon à la fois plus précise et plus englobante, la religion [1]. C'est ainsi que S. Augustin, dans son De Vera Religione (XXIII,20) parle de la Christiana lex.

Durant l’Âge de la Foi, Jean de Salisbury (1110- 1180), cet Anglais qui mourut évêque de Chartres et a magnifiquement écrit : "Si le vrai Dieu est la vraie Sagesse, alors l'amour de Dieu est la vraie philosophie" (Philosophus amator Del est; est philosophe celui qui aime Dieu) [2], emploie à plusieurs reprises le mot Lex pour désigner le culte religieux ou la profession de la Foi, dans son Polycraticus. Raymond Lulle (1235-1315) [3], qui avait appris l'arabe et était allé, à plusieurs reprises, évangéliser les Sarrasins, compare la Lex Mahumetana (La Loi de Mahomet) et la Christiana Lex quand il veut comparer la Foi de l'Islam et la Foi chrétienne [4]. Roger Bacon (1220-1292) [5]- "La sagesse totale a été donnée par un seul Dieu, à un seul monde et pour une seule fin"; "Il n’y a qu'une seule parfaite sagesse qui est contenue dans les Saintes Écritures" - parle lui aussi de Lex Christianapour désigner la Foi chrétienne et de Lex Antichristi pour désigner les autres religions.

R. J. Rushdoony, l'un des initiateurs de la théonomie réformée contemporaine, s'inscrit donc dans une ancienne et solide tradition lorsqu'il dit à son tour :

"En toute culture, le Droit, la Loi, est d'origine religieuse... La source du Droit est le dieu de toute société. Si la raison humaine est la source du Droit, c'est que la raison humaine est le dieu de cette société-là. Si c'est une oligarchie, ou une Cour suprême, ou un Sénat, ou un chef d’État qui est à la source du Droit, cette source est alors le dieu du système... L'humanisme moderne, en plaçant la source du Droit dans le peuple ou dans l’État, désigne le dieu de son système... Dans la culture occidentale, la source du Droit a été transférée de Dieu au peuple ou à l'État, alors que le pouvoir historique et la vitalité de l'Occident avaient été longtemps situés dans la Foi et le Droit bibliques" [6].

Toute Foi, y compris celle des (prétendus) athées (= sans Dieu !), et, en conséquence, toute Loi, toute Morale, tout Droit non-bibliques, sont en rivalité, sinon en opposition déclarée, avec la Foi, la Loi, la Morale et le Droit révélés en l’Écriture Sainte (la Lex) de Dieu. L'homme a toujours la responsabilité de choisir entre la théonomie et son désir d'autonomie. En réalité, seul le vrai Dieu est autonome (= Loi à soi-même et pour ses créatures). Calvin disait en une phrase lapidaire : Deus legibus solutus est quia ipse sibi et omnibus Lex est (Dieu n'est pas soumis aux lois parce qu'Il est lui-même Loi pour lui-même et pour tout et tous) [7].

La question est encore et toujours : quelle est la Norme ? Où se situe l'Autorité ?

Et la réponse est encore et toujours : la Norme, la Lex, est la Loi alliancielle qu'est la Sainte Écriture du Christ ; elle est au cœur de notre religion (= de notre relation à Dieu) et de notre service cultuel et culturel qu'elle identifie, définit et ordonne. Pour notre salut et notre joie. L'Autorité est celle du Dieu trinitaire qui, une fois pour toutes, nous a donné sa parole d'Alliance.

Voilà la théonomie !

L'humanisme, lui, ayant foi en l'Homme, ou en sa Raison, ou en tout autre dieu qu'il choisira (Évolution, Démocratie, État Providence, etc.) croit pouvoir définir à son gré Droit, Loi et Morale; avec toutes leurs variations possibles, successivement ou pluralistiquement. Et, pour être dans le mouvement, certains chrétiens, contaminés par l'humanisme, croient pouvoir faire appel, eux, à la Révélation naturelle.

- Aux humanistes, il faut rappeler, avec Lecerf, que : "Le péché siège au centre même de la conscience intellectuelle de l'homme. Si la raison était normale ("elle ne l'est plus depuis la chute", P.C.)elle consentirait à demeurer une raison raisonnée (normée par Dieu, P.C.). Nous ne la verrions plus aspirer à devenir raison ratiocinante ("ergoteuse, abusive", P.C.).

La raison pratique, qui se proclame autonome, pèche, car il y a un seul Législateur : Dieu; et ce Législateur, elle le méconnaît pour s'installer à sa place.

La raison théorique pèche aussi, car elle méconnaît son rôle subordonné d'organe, d'instrument conditionné par le Vrai objectif, pour s'ériger en norme suprême et en source fallacieuse du savoir.

Dans l'ordre de la connaissance, comme dans l'ordre de la toi morale, l'homme est partout substitué à Dieu. Il (en) résulte que le péché (provoque) un conflit entre la raison suprême de qui tout dépend et la raison subordonnée qui voudrait s'affranchir de sa dépendance" [8].

- Aux chrétiens contaminés par l'humanisme, il faut rappeler que, s'il est vrai qu'il y a bel et bien une Révélation naturelle de Dieu dont les hommes ont l'évidence sous les yeux,

"ce que l'on peut connaître de Dieu est manifeste pour les hommes : Dieu le leur a manifesté. En effet, depuis la création du monde, ses perfections invisibles : éternelle puissance et divinité, sont visibles dans ses œuvres pour l'intelligence" (Romains 1:19-20),

ces mêmes hommes

"se sont fourvoyés dans leurs raisonnements et leurs cœurs insensés se sont enténébrés ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge... et, comme ils n'ont pas eu souci de garder la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leurs intelligences sans jugement : ainsi font-ils ce qu'ils ne devraient pas et sont-ils remplis de toutes sortes d'injustice, de perversité... ennemis de Dieu" (Romains 1:21,25,28,29).

Pour que la Révélation naturelle reprenne ses formes, ses couleurs et son sens, il faut que les fidèles "chaussent les lunettes de l'Écriture" (Calvin) afin que le regard de leur cœur, enfin corrigé, clarifié, restauré, retrouve l'évidence, là, sous leurs yeux, que leur intelligence "fourvoyée" ne discernait pas. Alors, et alors seulement, la Révélation naturelle, qui a toujours été là, leur apparaît dans sa douce, belle et forte lumière.

Rushdoony a fort bien discerné que : "la raison pour laquelle certains chrétiens choisissent de chercher un fondement ("de la morale et du droit", P.C.) en l'homme, c'est qu'ils aspirent à trouver un terrain commun à tous les hommes et à toute la réalité hors de Dieu. Ils veulent échapper à ce qu'ils appellent un "système sectaire de pensée". Ils affirment la nécessité d'une philosophia perennis, d'une philosophie permanente qui serait commune à tous les hommes en tant qu'hommes, en dehors de toute considération théologique. Ces chrétiens pensent qu'ainsi ils peuvent établir les vérités de la religion chrétienne d'une manière rationnelle satisfaisante pour tous; et qu'en place d'une révélation exclusive et bornée pourra être établi un terrain commun d'entente [9].

A l'inverse, tout chrétien fidèle est appelé à "sanctifier en son cœur le Christ Seigneur, à être toujours prêt à la défense (en grec : apologia), avec douceur et respect, de l'espérance chrétienne devant quiconque lui en demande compte" (1 Pierre 3:15-16); "les armes que nous utilisons dans notre combat ne sont pas d'origine humaine ; leur puissance vient de Dieu, pour la destruction des forteresses ; nous détruisons les faux raisonnements et tout ce qui se dresse orgueilleusement contre la connaissance de Dieu, faisant captive toute pensée pour l'amener à obéir au Christ" (2 Corinthiens 10:4 et 5).

Voilà qui nous oblige, en conscience, à croître dans l'intelligence de la Foi, dans la connaissance de l'Écriture du Christ et du Christ de l'Écriture : nous, c'est-à-dire non seulement les pasteurs et docteurs (au reste trop souvent paresseux et infidèles), mais tous les membres de l'Église. L'évangélisation, en tant que vocation et tâche de tous, c'est d'abord et surtout, et ce n'est pas le plus facile, cette apologie-là, dans les contacts constants et ordinaires de l'existence avec les prochains, quels qu'ils soient. C'est, en tout cas, ce qu'ordonne, en priorité, la Parole de Dieu, et ce qui s'est vérifié, d'abord aux trois premiers siècles de notre ère sous plusieurs terribles persécutions, comme ensuite maintes fois dans l'histoire. D'où l’importance capitale, à côté de la prédication, d'une catéchèse catholique (= fidèle à l'Écriture-Parole de Dieu) continue, dans l'Eglise; ce qu'ont compris aussi bien les Docteurs de l'Eglise ancienne que ceux de la Réformation, avec leurs petits et grands Catéchismes.

Il est bien évident aussi qu'une manière chrétienne de vivre, en rupture chaque fois qu'il le faut avec celle du monde ambiant (Romains 12:1-2), doit accompagner et pratiquer l'apologie de chaque jour : aucun des aspects, aucune des parties, pas un pouce de terrain, de notre existence ne devant échapper à la Vérité révélée et à la seigneurie royale du Christ notre Dieu. "Mettez en œuvre (verbe grec katergazomai) votre salut, avec crainte et tremblement, car Dieu produit (verbe grec energeô) en vous le vouloir et le faire, selon son bienveillant dessein" (Philippiens 2:12-13).

La Foi que nous devons "défendre devant quiconque nous en demande compte" doit être défendue conjointement, inséparablement, par notre dire et notre faire; et ce dans tous les domaines de notre vie ici-bas, régis souverainement par le seul Sauveur-Seigneur, qu'il s'agisse de notre vie personnelle, intime, ou de nos vies conjugale, familiale, civique, professionnelle, ecclésiale,…

Référence: L'Humanisme Défait Par la Loi de DieuPierre Courthial - Lausanne, édition L’Age d’Homme, 1996.

Notes:

* Pierre Courthial est doyen honoraire de la Faculté libre de théologie réformée d'Aix-en-Provence.

[1] "Lex (Law) as Another Word for Religion : A lesson from the Middle Ages", par Thomas Schirrmacher, Calvinism Today, vol. II, N°2, avril 1992, p.5.

[2] La philosophie au Moyen Age, par Etienne Gilson (Payot, 1947), pp.274-277, etc.

[3] Ibid., pp.461-465, etc.

[4] Par exemple, Lettera a Maonietto II, 115 ; cf. note 12 ci-dessus.

[5] Gilson, op. cit., pp. 476-482, etc.

[6] Institutes of Biblical Law, p.4.

[7] Commentaire du Deutéronome (1563), Corpus Reformatorum 52, 49, 131.

[8] Introduction à la dogmatique reformée ("Je Sers", Paris, 1932) vol. 1, pp. 111 ss.

[9] Op. cit., p.684-685. Là, peut se trouver une explication de la dérive intellectuelle de Jacques Maritain (1882-1973) depuis son Antimoderne, de 1922(animé par le motif-de-base scolastique "nature = grâce") jusqu'au Paysan de laGaronne, de l966, en passant par Humanisme intégral, de 1936. Si j'avais apprécié, dans Antimoderne, lu en 1930, son : "les pentes de l'intelligencemoderne sont contre nous ; mais les pentes sont faites pour qu'on les remonte",j'ai déploré que J. Maritain se soit laissé gagner par l'humanisme... moderne !

Par Le théologien - Publié dans : Philosophie & Psychologie - Communauté : Pasteurs de France
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Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 14:01

De Philippe Aubert, janvier 2005 (Eglise Chrétienne, Suisse)

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A travers le symbole du poisson, cette série de dessins nous décrit l'identité et l'attitude du chrétien.

L'exercice est très intéressant.

D'abord parce que ces dessins sont humoristiques.

Cela nous aide à nous remettre en question tout en gardant le sourire et sans nous prendre trop au sérieux.

Vous connaissez le dicton : "Heureux celui qui sait rire de lui-même; car il n'a pas fini de s'amuser !"


L'exercice est intéressant aussi parce que ces dessins humoristiques sont provocateurs et nous posent de vraies questions sur notre comportement de chrétien.


Je vous propose dont de tous les examiner et de nous poser deux questions :


1è question :

lequel de ces poissons-chrétiens me remet en question parce qu'il correspond à un côté de ma personnalité qui aurait besoin d'être amélioré. C'est le côté négatif qui pourrait éventuellement me concerner et sur lequel Dieu souhaite peut-être attirer mon attention.


2è question :

lequel de ces poissons-chrétiens correspond à un côté positif de ma personnalité que Dieu peut utiliser dans ma vie et par rapport auxquels il veut m'encourager.


Donc notons au passage, chacun pour soi, deux poissons, l'un négatif et l'autre positif qui nous correspondent.

Et tout à l'heure les plus courageux parmi nous, regarderont dans leur coeur leur propre constat.


Ne soyez pas effrayés par l'exercice ; nous voulons le vivre sans jugement aucun, dans la bonne humeur mais dans l'authenticité honnête pour remédier à ce que Dieu souhaite réellement dans notre vie avec Lui.


Voici le  poisson-chrétien sous les deux angles, positifs et négatifs.


Connaissez-vous cette anecdote ?

Un chrétien colle un poisson derrière sa voiture avec le texte suivant :

"Si vous êtes aussi chrétien, claxonez!"

Un jour, il est arrêté devant un feu rouge interminable.

La voiture qui s'arrête derrière lui est conduite par un chrétien, qui, voyant l'autocollant, se dit :

"Super un ami-chrétien !"

Du coup il lui fait un petit coup de claxon.

Notre chrétien, de mauvaise humeur, ayant totalement oublié son autocollant, ouvre la fenêtre, se retourne et lui crie méchamment :

"Ca va pas ou quoi, faut nettoyer vos lunettes; vous voyez pas que le feu est rouge !"


Ca c'est le chrétien dans ses faiblesses et ses ratés.

Cela nous arrive à tous, d'avoir un mauvais témoignage, n'est-ce pas ?

Ils dessinaient leur poisson dans le sable et cela voulait dire : Jésus, Christ, Fils de Dieu, Sauveur. C'était leur signe de ralliement; il fallait du courage pour être chrétien et oser dessiner ce logo.


En résumé, pour le côté négatif, notre témoignage parfois déficient... et du côté positif le courage d'oser affirmer notre foi en public.


2è image : le chrétien sympathique.N02.gif


Oui, un chrétien sympathique, c'est formidable. Un chrétien ouvert, qui sait écouter, qui est tolérant, qui fait envie, qui est le "sel de la terre*, qui témoigne avec le sourire et une joie sincère... un chrétien qui se lie d'amitié aussi avec des non chrétiens, oui c'est super !


Par contre, le chrétien qui est sympathique parce qu'il fait comme tout le monde, qui est toujours d'accord avec tout, qui est gentil mais qui n'ose pas exprimer un avis personnel, qui sourit mais ne manifeste pas d'amour concret, ça c'est nettement moins bien.


3è image : le chrétien exalté.N03.gif


Lui il fait peur ; on s'en méfie parce que ses émotions sont toujours à fleur de peau. Il s'excite pour n'importe quoi, il n'a de contact avec Dieu qu'à travers des manifestations émotionnelles exacerbées; il a peur du silence et voudrait que tout le monde s'excite comme lui.


Par contre, le chrétien qui sait exprimer sa joie, qui ose manifester sa reconnaissance, qui est spontané, qui recherche la joie, qui sait rire et s'amuser au bon moment; ça c'est un chrétien qu'il fait beau cotoyer.


4è image : le chrétien conservateur type A.N04.gif


Ce chrétien, que certains appellent "momier" ou "grenouille de bénitier", reste figé dans ses règles et ses lois ; il ne nous fait pas envie.

On aimerait qu'il découvre que la Grâce a remplacé la loi. Il est sincère, mais sa peur du changement, son amour des lois et sa facilité à juger autrui, enlèvent toute fantaisie et tout charme à sa vie chrétienne.

On a envie de le secouer, de lui fournir un ouvre-boîte pour qu'il découvre la liberté et la joie.

Ca, c'est le mauvais conservatisme qu'on appelle légalisme. Il sent l'huile rance.

Au contraire, le chrétienconservateur type Best très différent. Il ne s'enferme pas dans sa boîte, mais il défend des valeurs qui ne doivent pas être contestées.

Pour les choses secondaires de la vie de l'église, il est souple; pour toutes sortes de détails pratiques, il laisse à chacun la liberté de faire comme ceci ou comme cela...

Par exemple, cela lui est parfaitement égal que l'on soit baptisé dans un baptistère ou dans un lac; qu'on utilise l'orgue ou la guitare ou le trombone pour accompagner les chants. Donc, dans la pratique il est très souple.

Mais pour l'essentiel, il est un conservateur intransigeant; il ne veut pas que l'on touche aux bases bibliques: pas question pour lui de douter que Jésus soit le Fils de Dieu et qu'il soit ressuscité ; pour lui, on ne touche pas à des principes cruciaux comme le salut, le pardon des péchés, l'amour du Père, la vie éternelle, etc...

Ca c'est le bon conservatisme qui nous évite de flotter à tous vents de doctrines et de nous éloigner des vérités bibliques.


5è image : le chrétien conquérantN05.gif

On se méfie de lui car il est agressif et nous attaque à coup de versets bibliques pour nous forcer à voir les choses comme lui. Il pense être le détenteur de la vérité et nous l'impose sans amour. Utiliser la Bible pour nous matraquer de vérités, non merci !

Par contre, s'il s'agit d'un chrétien conquérant qui s'attaque à l'ennemi, qui entre dans le combat spirituel contre le mal, un chrétien qui se bat dans l'intercession et la prière fidèle pour conquérir les promesses que Dieu nous a faits... alors là, oui qu'il est beau ce chrétien conquérant.


6è image : le chrétien du dimancheN06.gif


Il faut bien se mettre d'accord sur le sens des mots; il y a plusieurs définitions du chrétien du dimanche.
Rien à voir avec celui qui, fidèlement, vient au culte chaque dimanche.

Il s'agit plutôt de celui qui fait semblant d'être chrétien le dimanche et qui n'est pas du tout chrétien le reste de la semaine.


Autre définition : celui ou celle qui reste dans son bocal chrétien, qui ne connaît rien d'autre que sa communauté, rien d'autre que la rencontre du dimanche matin. Tout le reste de l'intéresse pas ! Il n'a aucun contact avec les non chrétiens et le monde extérieur.


Sur le plan positif, je n'ai rien trouvé.


7è image : le chrétien qui se donneN07.gif


C'est beau un chrétien qui se donne au Seigneur, qui se donne à son prochain, qui s'investit, qui rend service, qui grandit, qui devient un adulte spirituel et qui peut ainsi redistribuer autour de lui ce qu'il reçu.

Il est généreux, il ne compte pas et sa récompense sera grande dans le Royaume.


Mais comme le dessin le montre très bien, il faut faire attention.

S'il exagère et n'a pas de discernement dans sa manière d'être généreux, il risque d'arriver rapidement au "burn out", à l'épuisement.

Il est beau de se donner, mais il ne faut pas se mutiler. Il ne pourra continuer à donner à long terme que s'il est capable de se ressourcer, de recevoir ce dont il a besoin.

Il a tout particulièrement besoin de soigner sa relation personnelle avec Dieu, en prenant du temps pour la prière et pour la lecture de la bible.


8è image : le chrétien qui ne veut pas se mouillerN08.gif


Ce poisson volant qui reste toujours dans les airs a des problèmes. C'est le chrétien qui dit: "Moi j'ai pas besoin d'église, pas besoin des autres chrétiens; je lis ma Bible et je prie seul chez moi; Dieu me suffit !"


Il ne risque pas de devenir "missionnaire" de la Bonne Nouvelle puisqu'il est démissionnaire. Une île déserte lui convient très bien puisqu'il est individualiste.

Son temps et son argent lui appartiennent et il ne les partagent pas ou si peu. C'est le chrétien hors-église, hors-engagement !


Aucun aspect positif ! car un poisson ne peut pas être heureux en dehors de l'eau. Un chrétien ne peut pas être heureux seul dans son coin.


9è image : le chrétien partagéN09.gif


Voilà un chrétien en bien mauvaise situation. Il est partagé, tiraillé; il ne sait pas s'il est chrétien ou athée, ou agnostique.

En tous cas, il n'est ni pour ni contre, bien au contraire. Il se sent coupable; il sait que Dieu existe mais ne veut pas prendre le risque, en le rencontrant, de perdre le confort et les joies de la vie.

Il a peur de perdre sa liberté en s'engageant, peur de dépendre des autres. Il a peur de Dieu et reste à distance.


De nouveau, aucun aspect positif ! car s'il ne remédie pas rapidement à sa confusion et à ses hésitations, il sera bientôt trop tard.


10è image : le chrétien adolescentN10.gif


Le chrétien adolescent, dans une église, cela se remarque; rien à voir avec son âge; il peut avoir 20, 40 ou 60 ans; peu importe son âge, il a des attitudes d'adolescent; il est agressif, il conteste les autorités de l'église, il critique, il sait tout, il s'acharne sur la paille qu'il trouve dans l'oeil des membres de la communauté et ignore totalement la poutre qui se trouve le sien.

Décrit de cette manière, on souhaite avoir le moins possible d'adolescents.


Mais l'adolescent a aussi des côtés très positifs.

Il est souvent enthousiaste, chaleureux. Il se moque des conventions et n'a pas peur du ridicule.

Il est remuant, il aime provoquer, il fait bouger les choses ! On a besoin de ce types d'adolescents dans l'église, même si ce n'est pas toujours facile à gérer.


11è image : le chrétien homme-affaireN11.gif


Le chrétien homme-affaire voit dans l'église un lieu idéal pour gagner de l'argent, pour prendre le pouvoir, pour diriger...


Ce chrétien a besoin de découvrir qu'une église n'est ni une entreprise, ni une banque ; il doit comprendre que le patron, c'est Dieu ; que le chef du marketing c'est le Saint-Esprit qui dirige, et que l'église est d'abord un lieu d'agapé, de partage plutôt que de rendement...

un lieu d'échange et d'amour fraternel plutôt qu'un lieu de profit.


Le jour où comprendra cela, il enlèvera sa cravate et s'intéressera aux besoins de ceux qui l'entourent.


12è image : la chrétienne soumiseN12.gif


Voilà une image bien délicate à définir en quelques phrases.

Pour moi le meilleur résumé de l'attitude de l'épouse chrétienne, est celle donnée par Pierre au chapitre 3, lorsqu'il dit :

"Femmes, n'ayez pas pour parure ce qui extérieur, ornements, bijoux, manteaux élégants, mais ayez plutôt la parure cachée du coeur, la parure inaltérable d'un esprit doux et tranquille. Voilà qui est d'un grand prix devant Dieu".


Voilà ce que Pierre propose aux femmes comme caractéristique principale : la douceur et la paix.

Quand aux maris, Paul dit tout autre choses. On pourrait reprendre une des images précédentes pour l'imager :

"Maris, aimez votre femme en vous sacrifiant, en donnant votre vie pour elle... comme le Christ s'est sacrifié et a donné sa vie pour l'Eglise."

Dès lors, pour la femme, la soumission est beaucoup plus facile, si son mari donne sa vie pour elle.

13è image le chrétien ami de DieuN13.gif


Attention, Dieu n'est pas une machine à sous dans laquelle on glisse une pièce ou une prière pour obtenir ce qui nous convient.

Dieu n'est pas à disposition pour assouvir nos caprices et nous permettre de nous comporter en enfants gâtés.


Ceci dit, le dessin reste tout à fait valable. "Heureux l'homme qui a Dieu pour ami !"

En effet Dieu protège, bénit, encourage, aime, nourrit, soutient, fortifie, renouvelle... celui qui se confie en lui !


Mais pour être son ami, il faut passer par Jésus-Christ est lui donner notre vie.

Ensuite nous sommes pardonnés puis Dieu nous adopte. Nous entrons alors la famille de Dieu. Dès ce moment, nous sommes sous sa protection.


14è image : le chrétien compromisN14.gif


Le chrétien que voilà aime tout ce qui est nouveau; il aime surtout ce qui douteux et dangereux.

Il aime frôler les limites et prendre des risques. C'est pour cela qu'il touche à tout.

"Pourquoi ne pas profiter aussi de ce qui vient d’ailleurs !" nous dit-il.

"Il faut avoir l’esprit ouvert, tolérant. Un petit horoscope par ci, une petite amulette par là, une petite méditation transcendantale pour vous relaxer, quelques cartes à tirer pour voir votre avenir, un guérisseur pour soulager votre souffrance, etc... tout ça n’a jamais fait de mal à personne !”... croit-il !


Convaincu de son courage, il mord à pleine dent jusqu'au jour où il est accroché par son pire ennemi.


A nouveau, aucun côté positif !


15è image : le faux chrétienN15.gif


Le faux chrétien, comme Obélix et Astérix, est tombé dans la marmite lorsqu'il était petit.

Il a toujours été à l'église, toujours fait comme le reste de la famille; il a suivi l'école du dimanche, il a fait son catéchisme; tout le monde pense qu'il est un chrétien authentique; lui aussi, jusqu'au jour où il fait une découverte désagréable et se dit : "Mais... je n'ai pas une vraie foi personnelle... Je n'ai fait aucun choix par rapport à Dieu, je n'ai fait que suivre les autres."


Beaucoup ont vécu cette expérience et ont réalisé qu'un jour, il faut décider librement pour soi-même, ne plus se contenter de la foi familiale, mais prendre une décision personnelle.


Conclusion


Voilà ! Beaucoup d'idées ont été suggérées par cette bande dessinée. Certaines vous auront peut-être touché plus que d'autres. Elles nous auront permis de faire un constat et de mieux répondre à la question :Quel chrétien suis-je aujourd'hui ?


Mais le constat ne suffit pas. Il faut aussi nous demander :Quel chrétien est-ce que je souhaite devenir demain ?


Demandons à Dieu de continuer à transformer nos vies afin que nous devenions des chrétiens à Son image, c'est à dire qui progressent, qui font envie et qui apportent, autour d'eux, un bon témoignage.


de Philippe Aubert, janvier 2005  (Eglise Chrétienne Suisse)

Le premier est le chrétien poisson évangélique, tel que nous le voyons sur les voitures.
D'abord l'aspect négatif :on a l'impression que ce poisson nous montre un chrétien sans visage, neutre, inconnu, qui se cache derrière un logo.

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Mais ce poisson discret est également un signe extraordinairequ'utilisaient les chrétiens grecs du temps des persécutions. Pour eux, le mot poisson, en grec ICHTUS, avait un sens profond :Ipour Iésous (Jésus),Kpour Kristos (Christ),Tpour Théos (Dieu),Upour Uios (Fils) etSpour Soter (Sauveur).

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IKTUS

Par Le théologien - Communauté : Pasteurs de France
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 19:00

Protection de l’environnement et responsabilité chrétienne... 
A l'heure ou se tient la conférence de Copenhague (COP15) sur le climat, il semble important de reparler de l'écologie face à ce qu'en dit la Bible.

Introduction

Les questions écologiques ont une importance croissante dans le débat public depuis environ une cinquantaine d’années, lorsqu’on a pris conscience de la puissance dévastatrice de l’arme nucléaire et des conséquences de la pollution engendrée par l’exploitation industrielle des ressources naturelles de la planète.

Malgré une nouvelle attention portée à la «nature» grâce au romantisme et à l’essor des sciences naturelles au XIXe siècle, les hommes et les femmes dans leur ensemble n’ont pas vraiment su anticiper la crise écologique; les chrétiens n’ont pas toujours réagi avec la rapidité que l’on était en droit d’attendre de leur part, sauf peut-être dans quelque cénacle théologique ou œcuménique, où l’on s’efforçait pour le moins de réfléchir. Mais le mouvement semble s’inverser depuis une trentaine d’années.

Les conférences internationales ont débuté avec le sommet «Une seule Terre», organisé par les Nations Unies à Stockholm en 1972; le Programme des Nations Unies pour l’environnement a été créé cette même année. Vingt ans plus tard, en 1992, après plusieurs catastrophes écologiques qui ont manifestement contribué à éveiller les consciences, la conférence de Rio de Janeiro a rassemblé 117 chefs d’Etat ou délégués des gouvernements de 178 pays. Ce sommet a débouché sur la rédaction de conventions sur les changements climatiques ou sur la préservation de la diversité biologique. Les délégués ont rédigé l’Agenda 21, un programme de mise en œuvre du «développement durable». Un accord sur le problème de la désertification et un autre sur l’aide au développement ont été signés sur la base de plusieurs accords ou textes antérieurs, comme le rapport Brundtland en 1987, qui définissait le développement durable et jetait les bases d’un programme d’actions urgentes à entreprendre pour préserver l’environnement à l’échelle mondiale. Le bilan du Sommet mondial pour le développement durable, qui s’est tenu à Johannesburg en 2002, est dans l’ensemble positif. Le protocole de Kyoto, élaboré en 1997, sur les changements climatiques (en particulier sur les émissions de gaz à effet de serre) a été ratifié par de nombreux pays, même si des exceptions notables (les Etats-Unis) en ont affaibli la portée symbolique et pratique.

Les Eglises historiques ont emboîté le pas de ces conférences internationales en 1983, à Vancouver, lors d’un rassemblement œcuménique sur le thème «Justice, paix et sauvegarde de la création», sous l’impulsion du physicien allemand von Weizsäcker. En 1989, la Conférence des Eglises européennes convoquait près de 650 délégués à Bâle, en Suisse, sur le même thème, qui sera de nouveau repris à Graz, en Autriche, en juin 1997. Le réseau écologique chrétien européen (ECEN, European Christian Environmental Network) mis en place en 1998, dans le même élan, adresse régulièrement des appels aux Eglises chrétiennes et leur propose de célébrer un «Temps de la création», avec des liturgies appropriées, du premier dimanche de septembre au deuxième dimanche d’octobre. Toujours en Suisse, à Villars en 1987, les chrétiens évangéliques ont signé une Déclaration sur l’entraide et le développement, mais ce texte est souvent passé inaperçu. Les travaux du Comité de Lausanne ont également rendu les évangéliques sensibles à la nécessité de préserver la création.

La prise de conscience des problèmes écologiques s’est donc approfondie parmi les chrétiens dans leur ensemble. Elle s’est accompagnée, dans certains cas, d’une repentance pour les fautes commises dans le passé, les négligences dans ce domaine. Les Eglises ont lancé un appel à changer de comportement pour préserver la création. La réflexion théologique s’est enrichie, avec des nuances cependant assez sensibles au sein des diverses dénominations chrétiennes. La Fédération protestante de France s’est dotée, par exemple, d’une cellule de réflexion, le Forum du développement durable, qui s’apprête à relayer des informations pratiques et des recommandations dans les différentes Eglises de la fédération.

Nul ne pourrait donc affirmer aujourd’hui que les Eglises chrétiennes ne se préoccupent pas de la préservation de l’environnement ou du développement durable. Mais il faut bien reconnaître que les membres de nos communautés n’ont pas toujours été informés ou enseignés sur ce sujet. La mise en pratique des mesures préconisées en haut lieu semble difficile sur le terrain, voire utopique et même inutile pour certains, qui considèrent que les petites actions individuelles ou communautaires pour protéger l’environnement se perdent dans l’océan des problèmes écologiques. Les chrétiens professionnels de l’environnement discernent souvent mal le rapport spécifique entre leur activité et leur foi. Quelles sont donc les données bibliques et théologiques qui peuvent influencer notre regard sur la création et notre action pour la préserver des effets les plus néfastes de notre civilisation contemporaine?

La foi en un Dieu créateur et le mandat culturel
Nous croyons, quelles que soient nos convictions sur la manière dont Dieu a créé le monde, que Dieu est notre Créateur. Le Symbole des apôtres, qui est probablement l’une des plus anciennes confessions de foi chrétienne, commence par ces mots: «Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre.» Le Symbole de Nicée-Constantinople (381) précise que nous croyons en un Dieu créateur «de toutes choses visibles et invisibles…» La Confession de foi de La Rochelle ajoute que «nous croyons non seulement que Dieu a créé toutes choses, mais qu’il les gouverne et les conduit, disposant et réglant selon sa volonté tout ce qui arrive dans le monde». Dieu n’est pas seulement notre Rédempteur, en Jésus-Christ, il est aussi notre Créateur, le Seigneur qui règne sur ce monde et le soutient; il faut maintenir ces vérités ensemble, afin de ne pas privilégier l’une au détriment de l’autre. Notre foi en un Dieu créateur influence notre regard sur le monde, sur les hommes et les femmes, comme sur toute créature; elle influence également notre façon de vivre dans ce monde.

Plusieurs couples de verbes sont employés dans le livre de la Genèse, pour définir précisément le mandat adressé par Dieu à l’homme et à la femme: «multiplier et remplir la terre», «dominer et soumettre» cette terre, les animaux et la végétation qu’elle renferme (et les ressources naturelles, au sens large); et, enfin, «cultiver et garder» la terre, ou le «jardin», dans lequel, d’après la Genèse, Dieu a placé l’homme et la femme au commencement. Ce mandat demeure après la chute, la révolte de l’homme et de la femme contre Dieu, la rupture de l’alliance et de la communion avec Dieu; il est simplement plus difficile à mettre en œuvre, après que la malédiction prononcée par Dieu a affecté la nature et les êtres humains. Dieu ne laisse cependant pas les hommes et les femmes totalement désemparés, sans défense et sans espérance; il leur donne la grâce d’avoir des enfants, de cultiver la terre et d’élever des troupeaux, de forger des outils et d’exercer leurs talents artistiques.

Que signifient ces verbes de la Genèse pour tous les hommes et femmes de ce monde? En quoi consiste ce mandat que Dieu nous confie? Quelles en sont les conséquences pour le milieu naturel, pour notre environnement? Enfin, les chrétiens ont-ils une responsabilité plus particulière dans ce domaine de la protection de l’environnement? Nous tenterons d’apporter à ces questions quelques réponses qui nous permettront d’esquisser ainsi une éthique de la création.

A) Multiplier et remplir la terre
On dénombrait, au début du XIXe siècle, environ 1 milliard d’individus, 4 milliards en 1930, 6 milliards en l’an 2000. Cette «explosion démographique» est en partie la cause de la dégradation de notre environnement actuel. Il a fallu, en effet, nourrir cette population sans cesse croissante, et pour cela développer l’agriculture et l’industrie, puis assurer la distribution à grande échelle des produits; ces mesures indispensables ont malheureusement entraîné une pollution indubitable et perturbé les équilibres naturels.

Sur le plan de l’alimentation, la situation est très inégale dans le monde. Dans certaines régions, la malnutrition est toujours une réalité, en particulier en Afrique subsaharienne. La famine demeure une menace, lorsque les conditions climatiques sont défavorables ou, plus souvent, lorsque des conflits éclatent ou que l’aide est mal répartie. En revanche, dans nos pays dits «développés», nous avons largement dépassé le seuil du bien-être élémentaire, même si certains d’entre nos concitoyens ne bénéficient toujours pas, hélas, de cette abondance.

On estime que la population mondiale pourrait culminer à 10 ou 12 milliards, voire 14 milliards d’individus d’ici à un siècle (selon les estimations les plus réalistes). Il semble qu’il soit possible de nourrir cette population, à condition qu’aucune perturbation majeure, climatique ou politique, ne survienne. Il est vrai qu’après la tyrannie de la procréation incontrôlée, la tendance est actuellement à la maîtrise de l’évolution démographique, parfois de façon excessive, si l’on considère que la plupart des pays développés ont un taux de fécondité inférieur à celui qui serait nécessaire pour assurer le renouvellement des générations. Et cela pose déjà des problèmes sociaux, qu’il va falloir désormais résoudre à plus ou moins court terme.

Le défi aujourd’hui est de trouver des solutions agricoles, industrielles et urbaines qui nuisent le moins possible à l’environnement, tout en permettant de nourrir et d’abriter au mieux le plus grand nombre d’individus, et cela sans freiner le progrès économique, technologique, scientifique: c’est une définition du développement durable. Le rapport Brundtland (1987) précisait que le développement actuel devrait aussi permettre aux générations futures de vivre dans des conditions de confort optimales.

B) Dominer et soumettre
La grâce que les théologiens qualifient de «générale» ou «commune» ­– la grâce que Dieu accorde à toutes ses créatures – n’est pas étrangère à l’exploit réalisé par l’humanité pour se nourrir. Mais cet exploit, ce gigantesque effort consenti par les hommes et les femmes dans le monde, n’a pas été accompli dans le seul but de nourrir les plus pauvres et de subvenir aux besoins de ceux qui travaillent.

Nous voyons se développer, depuis les débuts de l’âge industriel, parfois même en prenant appui sur ces verbes de la Genèse, une domination immodérée, une exploitation presque sans borne de toutes les ressources naturelles de la création. Les conséquences de cette surexploitation sont parfois tragiques. Il n’est pas normal que le souci du rendement, qui a sa part légitime, ait conduit les éleveurs à utiliser, souvent sans discernement ni précautions suffisantes, des farines animales, des antibiotiques ou des hormones de croissance. Il n’est pas juste d’utiliser la formidable puissance de nos machines pour détruire sans frein les espaces naturels: près de 9 millions de kilomètres carrés ont été défrichés et transformés depuis 1850 pour répondre, il est vrai, aux besoins d’une population et d’une urbanisation croissantes. La gestion de l’espace urbain n’a pas toujours été la meilleure, l’organisation de nos villes ou de nos régions laisse parfois songeur. Et que dire de nos loisirs, de nos invasions saisonnières dans les montagnes ou sur les plages, qui laissent souvent des traces indésirables dans «la nature»? Il n’est pas normal, enfin, que l’on développe l’industrialisation sans se préoccuper aussi de la pollution qu’elle peut engendrer. Certains sites ont été totalement défigurés, souillés, anéantis par une pollution parfois dramatique et mortelle.

On a recensé, dans le monde, environ 1,4 million d’espèces animales et végétales. Il y aurait probablement en réalité quatre à cinq fois plus d’espèces à la surface de la terre. Nous avons encore du travail pour identifier et nommer les plantes et les animaux de ce monde! Les milieux les plus riches disparaissent cependant à grande vitesse, en particulier la forêt équatoriale des pays en voie de développement, par centaines et même par milliers d’hectares chaque jour (100 000 kilomètres carrés par an, soit environ un cinquième de la France). On avance que deux ou trois espèces animales ou végétales disparaîtraient chaque jour et, parmi elles, certaines plantes qui auraient pu contenir des éléments nécessaires à la fabrication de médicaments. Des milliers d’espèces sont directement menacées d’extinction. Parmi les causes de ces disparitions prématurées, on cite généralement la pression démographique, l’extension des zones industrielles et résidentielles, le drainage quasi systématique des marais et la destruction des forêts, l’usage abusif des pesticides ou des engrais (surtout pendant les années 1970), les pratiques agricoles discutables, mais aussi nos mauvaises habitudes et notre négligence.

Domination excessive, donc, mais l’excès contraire ne vaut pas mieux: certains systèmes religieux ou courants écologiques préconisent en effet la méthode douce, et parfois même le laissez-faire absolu. Parmi les adeptes du mouvement nébuleux et syncrétiste du Nouvel Age, beaucoup prônent un respect de la nature qui semble a priori très estimable; mais il s’inspire, en réalité, d’une vision panthéiste et orientale de la nature. On ne touche pas à tel animal, car il est une parcelle de la divinité, il est sacré, il est la réincarnation d’un individu, homme ou femme, qui a plus ou moins bien agi dans sa vie antérieure. Les systèmes religieux et philosophiques qui recommandent de ne pas intervenir sur la nature sont inspirés par un idéalisme mystique ou par le fatalisme, dont nous pouvons constater les effets funestes sur les populations, si longtemps livrées à la maladie, la malnutrition et la prolifération anarchique. Cette bonne résolution de respecter tous les êtres vivants est souvent mise à mal, lorsqu’on dort dans une chambre peuplée de moustiques virulents, ou que l’on cultive quelques légumes, eux aussi abondamment visités par les parasites! Il nous faut donc faire un choix entre le tout «dominer et soumettre», en vogue depuis l’âge industriel, et l’utopique laissez-faire prôné par de doux rêveurs ou par les plus résignés, qui ne sont pas toujours les plus inoffensifs.

C) Cultiver et garder la terre (le jardin)
D’après la Genèse, les hommes et les femmes étaient invités à remplir, dominer et cultiver la terre en communion avec Dieu, c’est-à-dire avec la sagesse et le discernement que Dieu leur inspirait. Il ne s’agissait pas pour eux d’exercer leur tyrannie sur la création, mais plutôt d’en prendre soin pour le bien de toutes les créatures et pour la gloire du Créateur. L’un des verbes traduits par dominer, l’hébreu radâ, est employé à plusieurs reprises dans le Pentateuque. Dans le Lévitique, en particulier, il est rappelé aux descendants d’Abraham, dans le cadre des lois sur le travail domestique, qu’ils ne doivent pas dominer sur leurs frères de façon tyrannique (Lv 25 et 26). Ces lois étaient données pour éviter les problèmes de l’esclavage. Les serviteurs juifs pouvaient être rachetés par un membre de leur famille; ils avaient la possibilité de recouvrer la liberté lors de l’année sabbatique, tous les sept ans, ou lors du jubilé, tous les cinquante ans. Le même verbe dominer est employé par les prophètes, comme Ezéchiel ou Jérémie, qui rappellent que le roi doit exercer sa domination pour le bien de son peuple, comme un berger envers son troupeau et non comme un tyran assoiffé de pouvoir.

En hébreu, les verbes «cultiver» (avad) et «garder» (shamar) ont aussi une connotation religieuse: on garde les commandements de Dieu, et le verbe cultiver – travailler – peut avoir le sens de «rendre un culte», «servir Dieu». Ce verbe est employé pour désigner l’activité des lévites dans le tabernacle dressé dans le désert ou dans le temple de Jérusalem. Les prêtres étaient tenus de «garder» le sanctuaire, et notamment de préserver la pureté du lieu saint de toute souillure profane. L’autorité des êtres humains, déléguée par Dieu, leur vocation (remplir et cultiver la terre, identifier, nommer et protéger les êtres vivants), leur domination impliquent également leur responsabilité devant Dieu.

La nature porte l’empreinte du Créateur, comme le suggère l’apôtre Paul au début de l’épître aux Romains, où il fait écho à de nombreux psaumes et à d’autres textes de l’Ancien Testament. Cette révélation de Dieu dans la nature est partielle, mais les hommes et les femmes créés à l’image de Dieu peuvent au moins reconnaître, dans cette nature, la marque de la divinité. Cela les rend même, souligne l’apôtre Paul, «inexcusables de ne pas avoir rendu leur culte au seul vrai Dieu». Cette révélation fonde donc leur responsabilité. Elle dévoile, d’une certaine manière, leur faute devant Dieu: ils se sont tellement fourvoyés qu’au lieu de servir le Créateur, ils ont servi les créatures. Autrement dit, ils ont rendu un culte à la création; ils ont travaillé pour la seule création. Le renversement est alors complet: au lieu de dominer sur les poissons, les oiseaux et les reptiles, les animaux de tous les milieux, les hommes et les femmes en sont réduits à adorer ces créatures, à les diviniser. Les vices, les péchés, dénoncés par l’apôtre dans la suite de sa lettre aux Romains, sont éloquents: ils trahissent la prétention de l’être humain à la démesure, à franchir les limites de sa condition, tant sur le plan spirituel que moral et pratique, dans tous les domaines, familial, sexuel, social et économique. Or, c’est bien dans le respect des limites fixées par Dieu que se trouve sans aucun doute l’alternative à l’exploitation démesurée de la création, à cette divinisation, ce culte des idoles dénoncé par les prophètes et les apôtres. En voulant s’affranchir de Dieu, en idolâtrant la création au lieu d’adorer le Créateur, l’homme qui se croit sage se conduit en réalité comme un insensé.

Les êtres humains prétendent mettre en œuvre leur raison et leur vision mécaniste d’un monde sans Dieu, où ils ne voient qu’un enchaînement de causes et d’effets qu’il leur appartient de comprendre pour mieux le maîtriser. Mais leur volonté de dominer la création, afin d’en tirer le plus grand bénéfice – et le plus immédiat –, leur cupidité idolâtre les conduisent à appauvrir cette création de façon aujourd’hui alarmante, à la polluer d’une manière parfois irréversible à court ou moyen terme, à la modifier (notamment sur le plan génétique) sans toujours maîtriser ces changements, un peu comme l’apprenti sorcier.

D) Mandat culturel et responsabilité chrétienne
Les chrétiens, comme le prétendait Lynn White dans un article de la revue Science (1967) demeuré célèbre, portent-ils une responsabilité toute particulière dans la crise écologique?

Les lois de l’Ancien Testament, énoncées par Moïse et rappelées par les prophètes, mettent en évidence le lien entre la terre – sa fécondité – et l’obéissance morale et religieuse du peuple de Dieu. Le peuple d’Israël devait observer le sabbat, un jour par semaine, et ne pas travailler ce jour-là; le repos était pour ces hommes et ces femmes un signe de leur dépendance envers le Seigneur, de leur foi en Dieu qui pouvait pourvoir à leurs besoins même lorsqu’ils se reposaient. C’était pour eux le rappel qu’ils étaient des créatures limitées dans le temps et dans l’espace et qu’ils devaient respecter leurs limites aussi bien que celles des autres créatures, dont les animaux avec lesquels ils travaillaient. La terre même devait «jouir de ses sabbats», selon l’expression biblique, elle devait se reposer pour être plus féconde. Mais lorsque ces commandements étaient transgressés, la terre, littéralement, «vomissait» les habitants (Lv 18.27). L’image est éloquente! La terre ne supporte pas la surexploitation par les hommes, et cela la rend malade. Elle subit les effets de la désobéissance des hommes à la Loi de Dieu.

Dans les livres du Lévitique et du Deutéronome, en particulier dans l’énoncé des bénédictions et des malédictions, un lien étroit est souligné entre l’obéissance à Dieu, le climat favorable, la fertilité de la terre et l’abondance des récoltes; la solidarité entre les créatures assure la sauvegarde de l’ensemble de la création. Cela demeure toutefois un idéal à atteindre; il serait pour le moins excessif de considérer tout désordre actuel dans le monde comme la conséquence des fautes précises d’un peuple ou d’individus envers Dieu. Nous savons à quels excès cette interprétation simpliste peut, hélas, mener… L’apôtre Paul utilise l’expression «empire du péché» pour désigner un monde marqué par la réalité du mal, «assujetti à la vanité», un monde que Dieu veut sauver en le réconciliant avec lui par Jésus-Christ.

Les hommes peuvent donc soumettre la création, à condition de rester eux-mêmes soumis à Dieu, à ses commandements, à condition qu’ils demeurent en communion avec Dieu. Et cela est aujourd’hui possible, au moins jusqu’à un certain point, puisque Dieu lui-même a rétabli cette communion avec tous les hommes et toutes les femmes; c’est en tout cas ce que croient les chrétiens, qui reconnaissent en Jésus le Fils de Dieu, le médiateur d’une nouvelle alliance entre Dieu et son peuple. Mais ce peuple de Dieu n’est pas encore dans la «nouvelle création», même si les chrétiens, juifs et non-juifs, insiste l’apôtre Paul, sont d’ores et déjà de nouvelles créatures – littéralement (en grec) une nouvelle création – en Jésus-Christ (2Co 5.17).

Les chrétiens vivent plus ou moins bien cette tension entre le présent et l’avenir, spécifique à leur foi. Ils ont parfois tendance à mettre l’accent sur les dernières phrases du Credo, le retour de Jésus-Christ, le jugement dernier, la «dissolution de toutes choses» évoquée par l’apôtre Pierre dans sa deuxième lettre, la «fin du monde», pour employer une expression plus familière aux accents apocalyptiques. Tout doit disparaître, comme au temps des soldes! Après moi, le déluge! Mais la fin a commencé depuis deux mille ans, Jésus et ses disciples l’affirment. La discontinuité entre l’ancienne et la nouvelle création n’est peut-être pas aussi radicale. Certes, la Bible l’évoque, Jésus lui-même le souligne: le jugement purificateur aura lieu; mais la Bible évoque aussi la continuité entre cette création devenue corruptible et la nouvelle création incorruptible à venir, qui est déjà révélée en Jésus-Christ ressuscité. Au jour de la résurrection finale, la nature elle-même, le ciel et la terre seront régénérés, renouvelés, recréés, transformés…

Dieu demeure le Seigneur de toute la création, de toute créature, et c’est donc l’ensemble de cette création qui est appelé, avec les élus de Dieu, au salut, au rétablissement de toutes choses évoqué par l’apôtre Paul (Rm 8.18-23), c’est-à-dire au rétablissement de relations justes, dans la foi en Jésus-Christ, entre les créatures et leur Créateur, mais aussi entre les créatures elles-mêmes. La matière, dans la Bible, n’est pas assimilée au mal. Dieu lui-même choisit de s’incarner en homme et Jésus ressuscite avec un corps que ses disciples peuvent reconnaître et que Thomas peut toucher. Il nous faut lutter contre l’idée, issue du platonisme et du gnosticisme grecs, d’un «ciel» ou d’un «royaume de Dieu» désincarné, qui serait libéré de toute matière assimilée au mal, le lieu des âmes pures sans corps. On retrouve cette même pensée dans les religions ou philosophies orientales, qui considèrent le monde matériel comme une illusion, pour mettre l’accent sur le monde spirituel. La pensée biblique ne méprise pas cette création, qui est déclarée bonne. Elle inclut la nouvelle création, une régénération spirituelle, certes, déjà commencée en ceux qui ont foi en Jésus-Christ, mais aussi une rédemption corporelle, la résurrection des êtres humains dans de nouveaux corps incorruptibles, appelés à vivre sous le règne de Dieu.

Les chrétiens, comme d’ailleurs les non-chrétiens, vivent parfois avec la pensée, plus ou moins consciente, que les ressources naturelles sont sans limite, que la diversité biologique ne semble pas souffrir d’un appauvrissement, qu’il y aura de toute façon «une solution» et que l’homme vaut bien plus qu’une fleur, un oiseau, un poisson, un coléoptère ou un serpent. L’homme et la femme sont des créatures précieuses; nous avons raison de nous préoccuper du salut et du bien-être de nos contemporains. Mais nous cherchons, précisément, en tant que chrétiens, à protéger cette nature où Dieu se révèle en partie et que nous sommes appelés à gérer comme de bons intendants mandatés par leur créateur. Nos réserves naturelles et énergétiques sont limitées: l’eau potable manque dans de nombreuses régions du monde (et pose aussi des problèmes de régénération dans nos pays développés), bien des ressources ne sont pas inépuisables… Le pétrole, par exemple, est une énergie fossile qui met extrêmement longtemps à se constituer, mais nous sommes en train de l’épuiser en deux ou trois siècles à peine. Cela vaut aussi pour l’uranium dans nos centrales nucléaires actuelles, grandes consommatrices de ce minerai dont on utilise une part infime (1 à 2%) dans le processus de fission pour en dégager l’énergie tant convoitée…

Nous devons donc changer nos modes de comportement si l’on veut que les générations suivantes vivent dans des conditions acceptables. Nous avons besoin de sagesse pour gérer l’avenir – notre avenir, mais aussi celui de nos enfants ou de nos petits-enfants… Nous pouvons économiser nos ressources, protéger le patrimoine naturel qui nous est confié, penser aux générations futures et dénoncer l’égoïsme de notre génération. Nous relevons le défi, en tant que chrétiens, de respecter les limites qui nous sont imposées par Dieu. Nous devons essayer de gérer cette création, de «cultiver le jardin», de remplir cette terre et en prendre soin d’une façon intègre, en communion avec notre Créateur, autant qu’il est possible dans le cadre de la «nouvelle alliance».

Nous partageons toutefois cette responsabilité avec l’ensemble de nos contemporains engagés dans tous les domaines: les autorités politiques, les industriels, les chercheurs et les biologistes, les agriculteurs, les grands distributeurs… et les consommateurs, que nous sommes tous! Il est trop facile de rejeter la responsabilité sur un seul des maillons de la chaîne. Les recommandations publiées lors des grands rassemblements internationaux ou œcuméniques vont dans le même sens, comme les conseils émis (en particulier sur internet!) par le gouvernement français pour contribuer à la préservation de l’environnement dans notre pays… Comment pouvons-nous donc, dans notre univers quotidien, contribuer à protéger la création, à lutter contre la surexploitation des ressources? Les pistes de réflexion que nous suggérons ci-dessous sembleront peut-être un peu utopiques, voire simplistes… L’idéal à atteindre est élevé; il s’apparente même à la quadrature du cercle si l’on cherche à satisfaire toutes les conditions du «développement durable», parfois contradictoires…

E) Solutions pratiques
Nous pouvons:
– Résister tout simplement aux tentations de la publicité, de la mode, du matérialisme et, en revanche, nous contenter davantage de ce qui est nécessaire et non superflu pour vivre: n’hésitons pas à marcher à contre-courant! Revenons à un style de vie plus modéré…
– Eviter de tomber dans les pièges de la civilisation des loisirs, du divertissement (la diversion est contraire à la conversion!). Exerçons notre esprit critique, notre discernement humain et spirituel, à la lumière de la Bible, et n’ayons pas peur de remettre ainsi en cause les modèles dominants… Tout est permis, sans doute, mais tout n’est pas utile, loin de là!
– Réduire notre consommation d’essence et marcher davantage, ou utiliser nos vélos! Nous pouvons aussi réduire, dans certains cas, notre consommation d’eau potable, d’électricité, etc.
– Lutter contre la pollution domestique et pratiquer le tri sélectif des déchets en vue du recyclage (à condition que des filières de recyclage existent, qu’elles soient bien organisées et rentables) et inciter nos autorités locales dans ce sens.
– Favoriser le développement des énergies renouvelables (solaire, éolienne, eau [hydroélectricité], etc.), mais est-il réaliste de tout en attendre? L’énergie nucléaire restera très probablement indispensable, il importe donc de favoriser la recherche pour mieux la maîtriser et rentabiliser l’utilisation de l’uranium…
– Développer l’éducation, la sensibilisation à l’environnement, en particulier auprès des jeunes, dans le cadre du catéchisme, par exemple, et des associations comme A Rocha (Le Rocher), créée en 1983 par le pasteur anglican Peter Harris et soutenue depuis le premier jour par son collègue et ami John Stott. La branche française de cette association a été créée en France en 2000 et s’est implantée près d’Arles, où elle contribue sur les plans scientifique et pratique à la protection de la vallée des Baux-de-Provence.
– Dénoncer la désinformation dont nous sommes souvent l’objet, ce qui suppose que nous fassions l’effort de nous informer, même si cela n’est pas toujours facile…
– Participer au débat politique (gestion de la cité): rien ne nous empêche de faire entendre notre voix auprès des autorités locales, régionales ou nationales, pour les encourager à prendre des mesures saines visant à protéger l’environnement.
– Etre sensible à la situation des pays du tiers monde, où les risques de pollution et de surexploitation sont encore accrus à cause du manque de réglementation sur place et de moyens pour lutter efficacement, ou encore à cause de l’appétit parfois démesuré des grands groupes industriels, qui peuvent cependant avoir dans certains cas une influence positive.
– Rechercher des solutions adéquates par le biais de nos œuvres ou des missions chrétiennes et favoriser le «commerce équitable», comme s’y efforce, par exemple, le SEL, le Service d’entraide et de liaison, basé à Cachan, près de Paris.
– Aborder ce sujet lors d’un débat dans nos Eglises et trouver ensemble des solutions pratiques à notre portée. Il faut poursuivre le débat dans ce sens et ne pas négliger les petits commencements: la mise en pratique des recommandations formulées par les autorités civiles ou religieuses commence par des gestes très simples qui visent à préserver la création dans notre univers quotidien.
– Etre davantage présent dans le débat public, où deux tendances s’affrontent :
    • Une vision mécaniste, matérialiste, déterministe: on ne voit dans le monde qu’un enchaînement d’effets et de causes qu’il importe de comprendre et de maîtriser, sans référence à Dieu.
    • Une vision plus spirituelle, souvent idéaliste et mystique, qui met l’accent sur le sens de l’existence et de la vie, mais qui tend à diviniser la nature; cette pensée est largement récupérée par le mouvement du Nouvel Age, de tendance panthéiste et syncrétiste, très présent dans les milieux écologistes.

Cette dernière influence est parfois sensible jusque dans les rassemblements organisés par le Fonds mondial de la nature (WWF) et l’Alliance des religions et de la conservation (ARC). Une première manifestation de ce courant a eu lieu en marge du rassemblement interreligieux d’Assise, en 1986. Il a pris une certaine ampleur, jusqu’au rassemblement de Katmandou en l’an 2000. En France, ce courant se développe depuis les rassemblements interreligieux, en 2001, au monastère (orthodoxe) de Solan, dans le Gard, et à celui du Mont-Saint-Michel, en avril 2003. L’apport des différentes traditions religieuses sur la réflexion et la protection active de l’environnement est souvent positif, mais le flou syncrétiste qui semble caractériser ces rassemblements des grandes et petites religions pose problème. L’écologie risque de devenir une nouvelle idéologie de portée mondiale, c’est peut-être même la prochaine grande utopie universelle…

Notre point de vue chrétien mérite le respect. Il est porteur d’un projet de vie pour ce monde présent, même si les chrétiens n’en ont pas toujours été les meilleurs témoins, loin s’en faut! Nous avons une vision du monde, de notre prochain, de notre environnement spécifique à la foi en un Dieu créateur. Notre regard se tourne également vers le monde à venir, car nous croyons que Dieu renouvellera un jour cette création. Et nous croyons que notre responsabilité actuelle n’est pas sans conséquences sur le monde à venir.

Nous savons, en tant que chrétiens, qu’il n’y a pas (et qu’il n’y aura pas) d’écologie parfaite. Nous ne croyons pas que l’homme sera capable d’établir le règne de Dieu sur terre, grâce à son intelligence, son habileté technique, ni même grâce à ses mesures nécessaires de protection de l’environnement ou pour assurer un développement durable. Nous devons rester vigilants et dénoncer la réalité du mal, comme nous devons aussi dénoncer l’utopie du progrès, de la productivité ou de l’écologie qui nous délivreraient de ce mal ancré dans le cœur de l’homme; c’est sur ce point précis que la théologie sous-jacente du mouvement inauguré par le physicien von Weiszäcker nous semble révéler quelque faiblesse.

Nous ne sommes pas pour autant contre le progrès ou l’évolution des techniques qui nous procurent un certain confort! Mais ce confort, sans Dieu, peut être un piège, dès lors qu’il nous conduit à ne plus reconnaître en Dieu notre Créateur, dont nous demeurons dépendants (cf. Dt 8). Ce confort peut aussi nous donner l’illusion que notre pouvoir sur la création et les créatures est sans limite.

L’annonce de l’Evangile, la conversion des hommes et des femmes à Dieu, un véritable changement de comportement dans tous les domaines de notre vie peuvent atténuer les effets du mal, tant parmi les êtres humains que dans la nature. La création tout entière sera ainsi mieux respectée. Notre éthique de la création n’apportera sans doute qu’une amélioration partielle. Dieu seul reste souverain pour régénérer cette terre, pour «créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre». Cela ne doit pas nous empêcher de combattre le mal sous toutes ses formes, d’être sensibles à notre environnement, dans une authentique perspective chrétienne, en communion avec Dieu. Car prendre soin de la création, dans le temps présent, c’est aussi une façon d’aimer Dieu et notre prochain…
F. Baudin, Revue Réformée n° 232,  Bible et ecologie, mars 2005

Par Le théologien - Publié dans : Théologie Pratique - Communauté : Pasteurs de France
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 03:20

Chers frères et soeurs en Christ,

 

Il me semble que la philosophie a toujours commencé en prenant une forme très curieuse, qu’elle n’abandonnera jamais, à savoir le paradoxe. Et étrangement, les éléments de la foi, de la vie de la foi, possèdent en son sein ce même caractère paradoxal. De là à dire que philosopher et avoir la foi sont les mêmes choses serait stupide. Elles n'ont pas le même objet. Le paradoxe, au niveau le plus simple, consiste à vous dire qu’il y a quelque chose qui est, et en même temps vous ne pouvez pas le penser ; débrouillez-vous avec ça ! En termes techniques je dirais : le paradoxe c’est une proposition qui consiste à poser l’impensabilité d’un étant. Ce que Zénon d’Elée tente de montrer (à travers son célèbre paradoxe d'Achille et de la tortue), c’est que le mouvement en tant que mouvement est impensable, et non pas que le mouvement en tant que mouvement n’est pas comme le font dire beaucoup de commentateurs. Ce que Socrate veut montrer, c’est que le mal en tant que mal ne peut pas être pensé. C’est ça un paradoxe : un paradoxe énonce l’impensabilité d’un étant.

 

Maintenant je reviens sur les éléments de la foi, de la vie de la foi pour être plus précis, et certains paradoxes que j'ai pu observer.

  • Je parle à des hommes et des femmes de foi.
    C'est dire que votre foi est relationnelle, basée sur la confiance et la fidélité ; une relation avec une personne dont l'intensité de sa projection sur vous est telle que vous lui confier vote vie, vos pensées, vos souffrances et vos joie.
    Bien !
    Je vais vous rassurer afin de rentrer dans le réseau : notre foi.
  • Vous êtes des hommes et des femmes de foi du Livre ; j’entends par là, la Bible.
    C'est dire que votre foi est alimentée par des paroles du Livre. Ces paroles sont réconfortantes, dérangeantes ; elles vous apportent une ligne de conduite et de pensée.
    Bien !
    Les 10 commandements sont la base de votre foi même si elles le sont indirectement parce que vous avez pris le parti de la grâce et non de la loi ; l'esprit et non la lettre sont en vigueur dans votre pratique religieuse.
    Un rabbin précise que ce qu'on nomme "10 commandements" devrait être nommé "10 Paroles" avec une direction de promesses. Les 5 premières paroles conditionnent l'application des 5 promesses qui suivent. Les 10 Paroles !
    Bien !
    Je vais vous rassurer afin de rester dans le réseau : notre foi.
  • Vous êtes des hommes et des femmes de foi d'une communauté;
    C'est dire que votre foi manifeste un mouvement singulier en rapport avec les autres singularités exprimées par la foi des autres. Le visage de l'autre est important et primordiale pour façonner votre foi et votre identité à construire ou, selon une catégorie de puristes, à reconnaitre.
    Bien !
    Je vais vous rassurer afin de ne pas sortir du réseau : notre foi.
  • La Communauté doit correspondre à celle que vous trouvez appropriée à l'avancement de votre foi. D'aucun pense que toute communauté n'est pas bonne pour cet avancement. Seulement chacun a une communauté qui lui permet d'avancer. Les puristes pensent que c'est là le souci : Leur foi n'avance pas parce qu'ils ne sont pas dans la communauté adéquate pour une avancée de leur foi. il y a différents puristes. Il y a les puristes fondamentaux, les puristes libéraux, les puristes démonstratif de la foi. Les débats se déclenchent directement ou indirectement.
    Moyen !
    Je vais vous rassurer pour vous dire qu'il y a des nœuds dans le réseau : notre foi
  • Vous êtes des hommes et des femmes de foi, humains.
    C'est dire que cela va sans dire !
    Est jugée la foi selon la Communauté (l’Eglise si vous voulez) au moyen du livre. Car la foi est rattachée au deux. La foi est disséquée, analysée, approuvée conforme ou pas, par les deux moyens essentiels que Dieu à mis à la disposition de sa créature qui est à son image. Il faut sensibiliser chacun pour surveiller la foi : sa validité et son perfectionnement.
    Bien !
    Je vais vous rassurer parce que je suis dans ce réseau : notre foi.

Maintenant je veux provoquer, interroger, déranger, réconforter.

  • Comment arrivez-vous à faire la part de l'humain de celle de Dieu par l'utilisation des deux moyens que Dieu lui-même mets à votre disposition ?
    Vous répondrez que c'est l'Esprit de Dieu. Certes, mais cette réponse fait partie de la question que j'ai posée et n'est pas une réponse.

    La certitude d'être dans le vrai que vous procure le Livre et la Communauté justifie-t-elle l'assentiment de Dieu quant à l'attachement et l'utilisation que vous en faites ?
    Vous pouvez répliquer que vous appliquez les règles méthodologiques que le Livre contient en son sein pour éviter cet écueil. Le problème est que la méthode diverge selon ses concepteurs et utilisateurs. La validité d'une méthode n'est pas acquise directement par révélation mais par une approbation consensuelle, "communautarisée". Si vous dites qu'elle est seulement par la révélation, qu'elle autorité assurerait cette vérité ? Un humain ? Qui lui accorderait cette légitimité ? Dieu ? comment le savoir ? La Parole ? mais on revient au problème de base. La raison est quelque part le garant de cette validité. Pourquoi donc faut-il ensuite hiérarchiser la foi et la raison, mettant la foi au premier rang ? Comment pouvez-vous jauger la Foi par la Parole qui est certifiée conforme selon la validité de la méthode étant elle-même le produit de la raison ; cette dernière sous-tendant que la révélation valide l'autorité suprême de la Parole ? L'autorité suprême provient-elle de la raison ou de la révélation ? Comment pouvez-vous dissocier les deux pour finalement les hiérarchiser ?

    Que produisent la lecture et l'étude du Livre sur vous ? Resserre-t-il les liens des certitudes ou ouvre-t-il le champ du "encore possible" non exploité, le "possible du Dieu de la Parole" ? Quel lien créez-vous entre vos certitudes et ce champ ouvert du "possible de Dieu" ? Avez-vous une réponse à cette question ?
    Pensez-vous que le Livre égal Dieu ? Si oui, avez-vous tout saisis Dieu, car qu'est-ce qui vous empêcherait de le saisir dans ce cas ? Si non, vous aide-t-il à le saisir ? Comment ?
  • Comment percevez-vous Dieu ? Le pouvez-même ? En êtes-vous certain ?
  • Ces questions posent-il problème à votre foi ? Les trouvez-vous gênantes pour votre foi ? Sont-elles compatibles avec votre foi ? Si oui, pourquoi, Si non, comment se fait-il ? Sont-elles digne d'un évangélique ?

    Le juif pense qu'il ne faut pas parler de Dieu mais parler à Dieu ?
    Je pense qu'il faut parler à Dieu et de ce fait, en le faisant, parler de Lui, mais avec la prudence de celui qui ne sait pas, ou si peu. Mais comment un être moralement et spirituellement faible, peut arriver à le vivre convenablement, c'est à dire dans la paix durable vis à vis de Dieu et vis à vis de la Communauté ? Le peut-il de manière durable si une communauté ou une famille de communautés n'arrive pas à exprimer complètement le coeur du Père et du Fils ?

    Croyez-vous être capable d'être sous la grâce sans faillir aux 10 paroles ? Est-ce que la grâce anéantie ses 10 Paroles ? Si oui, en êtes-vous sûr ? Si non, a-t-elle le pouvoir de l'accomplir en vous ?
    Jésus n'a-t-il pas révélé la profondeur de l'iniquité de l'homme en reprenant quelques parties des 10 Paroles ? N'a-t-il pas dévoilé la faillite de l'homme et l'aspect incurable de sa condition ?
    Un chrétien ne pèche-t-il pas ? Est-il capable de s'élever au dessus de sa condition d'homme pécheur pendant sa vie terrestre ?
    Si vous répondez oui à ces dernières questions, c'est parfait...mais comment concrétiser cette perfection idéaliste ?
    Le Livre est-il suffisant pour lui ? L'esprit de Dieu ne se sert-il que du Livre ? ( afin d'éviter tout malentendu, je veux préciser que la Bible est, à mes yeux, la Parole de Dieu dans son complet pour l'humain).
  • Nous sommes des hommes et des femmes de Dieu.
    Comment liez-vous la foi et l'amour pour Dieu ? Comment votre amour pour lui détermine votre foi en lui ? Pensez-vous que votre amour pour Dieu serait un étalon de l'amour pour votre prochain ou est-ce l'inverse ?

    Pensez-vous que vous êtes libre de penser ? Votre foi vous libère-t-elle de la pensée ? Si oui de quelle liberté pensez-vous qu'il s'agit ? Si non, comme articulez-vous la foi et votre pensée ? Cette liberté augmente-t-elle votre amour pour votre prochain ?

    Etes-vous certains que votre croyance est une foi et non une superstition ? Démontrer la nature de leur différence dans vos vies ?
  • Pourquoi je m'autorise de vous poser ces questions ?
    Droit d'autorité ? Non, car je fait partie des moindre des chrétiens, moralement et spirituellement (Certains pourrait y voir une confirmation par cet email même. Qu'importe ! il faut dépasser ce jugement de valeur).
    Par méchanceté ? Je ne le pense pas
    Par provocation ? Oui, mais sans orgueil.
    Parce que je crois que le corps de Christ est malade ? Oui, l'étant en premier et voyant d'autres malades, non pas tous, atteints d'autres maladies que moi, mais qui se croient en bonne santé ou pas en trop mauvais état.
    Cela dit, faire l'analyse de ma psychologie ne résout pas le problème que je vous soumets ainsi que ces questions. Certainement un besoin personnel, mais cela va bien au delà de cette évidence. Je souhaiterai que vous ne vous arrêtiez pas à mon cas pour en rester là, en analysant la bête. Je dis cela au cas où vous auriez la tentation de le faire par une sorte de fuite charitable.

    Vous pensez que cela n'avance à rien ! Qu'il en soit selon votre perception !
    Vous pensez que cela vous apporte quelque chose pour notre communauté et notre foi, qu'il en soit selon votre foi et votre pensée !

Je lisais récemment dans "L'ignorance étoilée" de Gustave Thibon, "Justifier Dieu, c'est justifier une certaine conception qu'on a de Dieu et c'est, par conséquent, se justifier soi-même." Cependant, n'oublions pas que "l'âme, à la différence du corps, se nourrit de sa faim" et pour terminer, afin que vous sachiez quel esprit anime cet email : "Je sens que tout est vain à mesure que je m'aperçois que tout me ressemble." Et je vous dis cela sans état d'âme !

 

Le Christ est celui qui, par une démesure de bonté et de grâce, saura poursuivre son œuvre immortelle dans le cœur de ses enfants..."animal" ( âme - latin anima). J’entends par là justifier Dieu qui, j'espère par ces propos, ne me justifie pas mais honore le Créateur et Seigneur !

 

Je vous salue fraternellement,

 

Christian PRADEL

 

 

"Il y en a qui sont tellement certains de leur conviction qu'ils ne se laissent plus convaincre par ce qui est certain ! C'est le comble de l'aveuglement ou le paroxysme de la bêtise."
Christian le 22 janvier 2009

 

 

 

 

 

 

 

Par Le théologien - Publié dans : Philosophie & Psychologie - Communauté : Pasteurs de France
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 03:42



Calvin
, Caulvin, ou Chauvin, Jean, né le 18 juillet 1509 à Noyon, Picardie, le plus éminent des réformateurs français et le plus grand théologien de son siècle.

D'une famille de moyenne bourgeoisie, il étudia d'abord à Noyon, puis vint à Paris, où il entra successivement au collège La Marche (sous Mathurin Cordier) et au collège Montaigu, où il put se rencontrer avec Loyola. Grâce à son père qui était syndic du chapitre de Noyon, il avait obtenu quelques bénéfices qui l'aidaient à vivre, mais il ne tarda pas à abandonner le théologie pour le droit, et se rendit en 1528 à Bourges pour y entendre Alciat, et l'an d'après à Orléans pour entendre P. de l'Estoile. Il perdit son père le 26 mai 1531, et fut reçu docteur en juin 1533.

En avril 1532, il publia son premier livre, un Commentaire latin sur la Clémence de Sénèque. Malgré ses relations affectueuses et suivies avec son cousin Olivetan et avec le pieux Wolmar, il ne paraît pas encore à cette époque s'être joint au mouvement de réforme qui se faisait sentir si puissamment en France; le droit l'occupait seul. Un discours sur la foi justifiante, qu'il prépara pour le recteur Nicolas Cop, et qui fut prononcé le 1er novembre 1533, laisse bien entrevoir une réaction contre le dogme catholique, mais c'est seulement en mars 1534 qu'il accentue le changement qui s'est fait en lui.

Il doit fuir comme Cop, et se retire en Saintonge chez son ami le curé L. du Tillet. Il visite ensuite Nérac, Noyon où il va résigner ses bénéfices, Poitiers, Orléans, Bourges, peut-être aussi Strasbourg, Paris, où il rencontre Servet pour une 1ère fois. Après l'affaire des placards contre la messe, le 18 octobre 1534, la persécution l'oblige à s'enfuir à Strasbourg, puis à Bâle où, sous l'anagramme de Lucanius, il se consacre tout entier à l'étude. C'est là qu'il écrit en latin ce petit "livret" qui devint en mars 1536 l'Institution chrétienne, mais qui n'est pour le moment qu'une espèce de catéchisme; il lui donne pour préface, datée de Bâle le 23 août 1535, cette admirable épître à François 1er, où il plaide la cause de ses frères martyrs; et le livre lui-même, un des chefs-d'oeuvre capitale de la théologie réformée, se réimprime du vivant de l'auteur en 10 éditions latines et en 14 traductions françaises, avec des additions et chaque fois des développement nouveaux.

Sous le nom de Charles d'Espeville, et avec son ami du Tillet, seigneur de Hautmont, il visite l'Italie et voit à Ferrare Renée de France avec laquelle il étudie les questions religieuses qui agitent les esprits. En juin 1536 il retourne à Noyon pour mettre de l'ordre à ses affaires, et décide son frère Antoine à l'accompagner à Strasbourg et Bâle; mais Genève, et là Farel l'arrête par un appel solennel et pressant. En septembre il ouvre ses leçons de théologie et en décembre il est nommé pasteur. Son esprit vaste et lucide, sa volonté de fer lui assurent bientôt une autorité incontestée, comme le voit à la dispute de Lausanne et au synode de Berne. Le 1er janvier 1537, mémoire présenté au Conseil de la ville sur le gouvernement de l'Eglise; bientôt après, la publication d'un petit Catéchisme en français. Mais les Libertins lèvent la tête; ils ne veulent rien de la discipline dont ils sont menacés. Le 4 janvier 1538 les Conseils décident que la Cène ne pourra être refusée à personne, et comme les pasteurs résistent, ils sont bannis.

Calvin se rend à Strasbourg où il organise des leçons et des prédications dès le mois de septembre. Il est reçu bourgeois, et en septembre 1540 il épouse Idelette de Bure. Il entre en rapports avec les protestants d'Allemagne, assiste aux conférences de Worms et de Ratisbonne, marque par son livre sur la Cène 1540 la différence de leurs vues sur ce point de dogme, mais n'en est pas moins apprécié par Luther.

Rappelé à Genève, il accepte malgré lui ce poste de péril et de combats, et dès son retour 13 septembre 1541 il fait rédiger les Ordonnances ecclésiastiques, assurant au Consistoire l'autorité d'un tribunal des moeurs, mais sans compétence pécuniaire ou matérielle. C'est ce que quelques-uns ont cru pouvoir appeler une espèce de théocratie, bien que l'Etat comme tel n'ait jamais été placé ni sous la direction, ni sous le contrôle de l'Eglise; le contraire plutôt serait vrai, puisque les écrits de Calvin lui-même devaient être soumis à une commission du Conseil avant d'être imprimés, et que ses prédications on plus d'une fois été censurées.

L'influence de Calvin s'exerçait surtout au sein de l'Eglise et sur les individus, sans distinction de grands ou de petits. Castalion, Ameaux, le pasteur H. de la Mare, Bolsec, Trolliet, les italiens Alciat, Blandrata et Gentilis; Gruet, sentirent tout à tout les effets de son pouvoir; les uns pour cause d'hérésie, les autres pour paroles légères ou méchantes calomnies. La condamnation de Servet a laissé sur mémoire une tache d'autant plus voyante qu'elle est isolée dans l'histoire de la réforme. Les libertins luttèrent avec énergie contre l'influence croissante de Calvin; ils se donnaient l'apparence d'être le parti genevois contre l'étranger, mais en réalité ils n'étaient pas un parti religieux, et plusieurs de leurs actes relevaient de la morale plus que du dogme.

Les réfugiés qui affluaient à Genève et qui étaient admis à la bourgeoisie (1360 entre 1548 et 1554) fortifiaient le parti de Calvin, et vers 1555 on peut dire qu'il était le maître de la situation. Le 5 juin 1559 il fonda l'Académie, qui devait pendant longtemps fournir des pasteurs aux églises de France et qui jeta sur Genève un si grand lustre. Il comprenait, comme tous les réformateurs, que l'instruction était l'auxiliaire indispensable de leur oeuvre, et que pour être efficace elle devait reposer sur la Bible.

Des milliers de savants et de martyrs sont venus s'inspirer de son esprit, pour reporter non seulement en France, mais en Angleterre, en Ecosse, dans les Pays-Bas, le long du Rhin, et dans toute l'Europe les fruits de l'enseignement qu'ils avaient reçu. Sa femme était morte en 1549; elle ne lui avait donné qu'un fils, mort en bas âge; on peut se demander l'influence qu'aurait eue sur ce caractère si plein de tendresse la vie de ce petit enfant. Mais lui-même déclinait, usé par les luttes, le travail et les maladies. Le 30 mars 1564 il siégea pour la dernière fois au Consistoire; le 27 avril il fait ses adieux aux membres du Conseil qui sont venus le voir; le 28 à ses collègues; le samedi 27 mai il "s'en alla à Dieu", comme disent les registrent. Le lendemain à 2h il était enterré à Plainpalais sans pompe et sans appareil; c'est à peine à si l'on croit savoir aujourd'hui où il repose.

On a peine à se représenter l'oeuvre immense à laquelle il a consacré sa vie et ses force: prédications, leçons, voyages, commissions législatives, luttes, visites, correspondances avec les princes, avec les églises sous la croix, avec les prisonniers et les martyrs (on a de lui 2025 sermons manuscrits, et ses lettres se comptent par milliers). Ajoutez à cela ses admirables et nombreux commentaires sur presque tous les livres de la Bible, et une foule de traités et brochures de circonstance, dont la seule énumération prendrait des pages. Un grand nombre de ses ouvrages ont été souvent réimprimés, plusieurs ont vu le jour pour la 1ère fois ces dernières années; ses Lettres, par Jules Bonnet, sa Correspondance par Herminjard; ses Commentaires sur les Psaumes, par L. Pilatte; ses Oeuvres complètes par Baum, Cunitz et Reuss. Sa Vie a été écrite par Théodore de Bèze, Henry, Kampschulte, Merle d'Aubigné, Bungener, Stähelin, Guizot, Hoff.

Par Le théologien - Publié dans : Histoire de l'Eglise - Communauté : Pasteurs de France
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Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /Jan /2009 12:25

Prédication d'Annette Katayée, Dimanche 18 janvier 2009, à l'Église Protestante Réformée de la Martinique
(Évangile selon Jean, Chapitre 2 verset 1-11)

Avec le premier miracle qu’accomplit Jésus, celui de l'eau changé en vin débute des temps nouveaux : ceux de la manifestation visible sur terre de la puissance de l'Esprit de Dieu en Jésus Christ. Ce jour là on célébrait des noces. Jésus y assiste avec Jean, André, Pierre, Philippe et Nathanael les premiers disciples qui l'ont suivi ainsi que sa mère.

On ne manque pas de souligner que, si au cours du festin marie se met en peine au sujet d'une négligence c'est sans doute parce qu'il en va de l'honneur d'un proche ... et si elle s'adresse à Jésus c'est sans doute en sa qualité de soutien de famille, Joseph n'étant pas présent.


Si Jésus est de la fête c'est bien qu'il ya une digne manière de se réjouir avec ses proches .... Une manière qui plaît à Dieu.

Remarquons ici l'attitude de Marie: elle est aussi discrète qu'efficace, elle l'incite implicitement à faire quelque chose ; elle sent que l'enfant qu'elle a élevé va découvrir sa divinité. Quelle foi et quelle espérance alors que Jésus n’a encore accompli aucun signe ! Elle ne réagit pas comme à un refus lorsque sin fils lui répond : mon heure n’est pas venue ; mais elle dit aux serviteurs : faites ce qu’il vous dira.


Merveilleuse intuition de la Foi. Plus profondément l'attitude de Marie n'induit-elle pas de la présence du fils à ce repas de noce
à un sens lié à sa mission? Elle a pour ainsi dire introduit son fils, le fils de Dieu auprès des hommes en lui donnant la première occasion de manifester sa gloire et de faire croire ses disciples en lui.


Et en ce jour, Jésus apporte quelque chose de nouveau dans les traditions ; il les bouscule.

Les 6 vases sont destinés à la purification -notons que le chiffre 6 marque le 6eme jour où l'homme fut crée- les vases étaient en pierre et les juifs les utilisaient pour leur rituel; on sait qu'avant, pendant et après le repas les juifs observaient des rites de purification sous forme d'ablution.

Le vin servi est meilleur que le précédent et c'est presque un sacrilège. Le maitre de cérémonie se sent obliger d'aller prévenir le marié car il n'y a pas plus grande honte pour les organisateurs que de manquer de vin.

En transformant l'eau symbole de purification en vin Jésus annonce déjà ce qui va pleinement purifier le croyant de la nouvelle alliance: c'est le sang de Jésus qui nous purifie de tout pêché. Et l’eau changé en vin, c’est une nature changée en une autre ! C’est un acte de puissance.

Mais Jésus ne cherche pas les acclamations d'une foule enthousiaste, le miracle est quasi anonyme, seuls les serviteurs, les disciples et Marie sont au courant ...

Quant Jésus est là rien ne manque; la vie à laquelle jésus invite ceux qui reconnaissent en lui le Christ est marqué par la joie et la qualité.

Le miracle de Cana est un écho du prologue où Dieu dans sa bonté à donné aux hommes la création où l'homme serait en lien harmonieux avec lui, ou le mal est hors champs, où l'alliance entre Dieu et sa créature est la source du bonheur. Jésus Christ est Dieu lui-même incarné, venu pour redonner la possibilité de rétablir l'harmonie qui était le projet de Dieu et pour lequel les hommes sont invités à s'engager.
Le contrat d'alliance de Dieu avec l'humanité pour vivre l'harmonie de l'unité et de l'amour ressemble vraiment à l'engagement de mariage.
 
                                                                                                             Annette Katayée

Par Le théologien - Publié dans : Théologie Pratique
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 03:08

ASPECT DOCTRINAL DU CATHOLICISME

 

I  LA REVELATION.

 

Il est question de l'Autorité.

Pour le catholicisme : Tradition + Ecriture = Révélation.


On peut se poser la question de savoir si, à l'époque du e la réforme, le catholicisme avait bien compris les thèses du protestantisme avait bien été comprise. En lisant les articles du Concile de Trente, qui sont clairs, nous pouvons l'affirmer :






 

Certains articles :

. " Si quelqu'un dit que l'impie est justifié par la foi seule, en sous-entendant que rien d'autre n'est exigé qui coopère à l'acquisition de la grâce de la justification ; et qu'il est nullement nécessaire que le pécheur soit préparé et disposé par l'impulsion de sa volonté, qu'il soit anathème".

                                             Session 6, Canon 9

 

 "Si quelqu'un dit que la foi qui justifie n'est rien d'autre que la confiance en la miséricorde divine qui remet les péchés à cause du Christ, ou que cette confiance est la seule par laquelle nous soyons justifié, qu'il soit anathème.                                        

 Session 6, Canon 12

 

 " Si quelqu'un dit que la justice reçue ne peut être conservée, ou même qu'elle ne peut être accrue devant Dieu par les bonnes œuvres, mais que les œuvres elles-mêmes ne sont que les fruits et les signes de la justice acquise, mais qu'elles ne provoquent aucun accroissement, qu'il soit anathème.

                                           Session 6, Canon 24

 

 " Si quelqu'un dit que les bonnes oeuvres d'un homme justifié sont des dons de Dieu, dans ce sens qu'ils ne sont pas de bons mérites du justifié lui-même, qu'il soit anathème.

                                           Session 6, Canon 32

 

 " Comme par l'expérience, il est évident que si les Saints Livres sont répandus partout sans discrimination en langue vulgaire, il s'en suit à cause de la témérité des hommes plus de mal que d'utilité, qu'il soit laissé dans ce domaine au jugement de l'Evêque ou de l'inquisiteur, de pouvoir donner après s'être entendu avec le pasteur de la paroisse ou le confesseur le droit de lire la Bible en langue vulgaire, traduite par des auteurs catholiques à ceux qu'ils verront ne pas pouvoir retirer du dommage, mais au contraire l'accroissement de foi et de piété à la suite d'une telle lecture : qu'ils aient cette autorisation par écrit. Mais celui qui aura la présomption de les lire ou de les posséder en dehors d'une telle autorisation ne pourra obtenir la rémission de ses péchés sans avoir auparavant rendu la Bible à l'ordinaire.                                                  

Session 6, Canon 32

 

(Cf J-M. NICOLE, Précis d'histoire de l'Église, Ed. de l'Institut, Nogent-sur-Marne, 1987, p. 162).

 

 

 

 

 

 Profession de foi du concile de Trente :

 "Je reconnais fermement et j'embrasse les traditions apostoliques et les autres coutumes et règlements de l'Eglise. De même, je reconnais que l'Ecriture Sainte, dans le sens où notre Sainte Mère l'Eglise l'a tenue et la tient encore. A elle appartient le jugement sur le véritable sens et l'explication des Saintes Ecritures. Jamais je ne l'interpréterai et ne l'expliquerai autrement que d'après l'interprétation unanime des Pères.

Je confesse aussi qu'il y a, au sens propre et véritable du terme, sept sacrements de la Nouvelle Alliance qui ont été institués par notre Seigneur Jésus-Christ et qui sont nécessaires pour le salut du genre humain, quoiqu'ils ne le soient pas tous pour chaque individu, à savoir: le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordination, le mariage ; qu'ils communiquent la grâce, et que parmi eux le baptême, la confirmation et l'ordination ne peuvent être renouvelés sans sacrilège. J'accepte aussi et j'approuve tous les rites approuvés par l'Eglise lors de l'administration solennelle desdits sacrements.

J'accepte entièrement tout ce qui a été décidé et déclaré au concile de Trente sur le péché originel et la justification.

Je confesse encore que dans les messes est consommé un sacrifice véritable et expiatoire pour les vivants et pour les morts, que dans le très Saint sacrement de l'Eucharistie le corps et le sang, en même temps que l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, sont réellement et véritablement présents, qu'il se produit une transformation de toute la substance du pain dans le corps et toute la substance du vin dans le sang. Cette transformation, l'Eglise Catholique la nomme transsubstantiation. Je confesse en outre que le Christ tout entier et le véritable sacrement sont présents même sous une seule espèce.

Je tiens fermement qu'il existe un purgatoire et que les âmes qui y sont renfermées trouvent un secours dans la prière des croyants.

Je crois fermement que l'on doit vénérer et invoquer les Saints qui règnent avec le Christ, qu'ils apportent pour nous des prières à Dieu, que l'on doit vénérer leurs reliques. J'affirme fermement que l'on doit avoir et conserver des images du Christ, de la mère de Dieu toujours vierge, ainsi que des Saints : qu'on doit leur témoigner le respect et la vénération qui leur sont dus.

Je dis aussi que le Christ a donné à l'Eglise plein pouvoir pour les indulgences et que leur usage apporte une grande bénédiction au peuple chrétien.

Je reconnais la Sainte Eglise Romaine, Catholique et Apostolique comme la mère et l'éducatrice de toutes les Eglises ; je promets et jure vrai obéissance au Pape romain, successeur de Saint-Pierre, le prince des apôtres, et le vicaire de Jésus-Christ.

J'accepte aussi sans élever aucun doute et je confesse toutes les autres choses qui ont été transmises, décidées et déclarées par les Saints Conciles œcuméniques, avant tout par le Saint Concile de Trente.

Et de même, je condamne, je rejette et j'anathématise toute ce qui est en contradiction avec cela et toutes les fausses doctrines que l'Eglise a condamnées, rejetées et anathématisées..."

Position de l'Eglise Catholique depuis La Concile de Trente.
Par Le théologien - Publié dans : Histoire de l'Eglise - Communauté : Pasteurs de France
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 15:51
Par Le théologien - Publié dans : Histoire de l'Eglise - Communauté : Pasteurs de France
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Jeudi 7 août 2008 4 07 /08 /Août /2008 04:32

LE XXème SIECLE.

Poursuivons notre étude sur l'histoire du catholicisme et faisons un saut au XXème siècle.
 
                                                    
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                                  LUTHERIENS                      REFORMES
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                                    Melanchthon                     Calvin

 

1) C'est une période de durcissement.

 

Du coté catholique, jusqu'au XIXème Siècle, nous sommes confronté à une interrogation de part et d'autre.

Cette période est caractérisée par une incapacité de plus en plus grande à entrer en contact et à dialoguer avec la modernité. Les nouvelles sciences, la révolution, l'époque des lumières, l'esprit critique, la démocratie etc... Tout cela est refusé par le catholicisme de l'époque. Cette hostilité provoque une réaction. L'Eglise est alors dénoncée pour ses intolérances passées. Elle est critiquée pour son influence et ses pouvoirs sur la société. Elle est aussi attaquée dans sa foi par le rationalisme. Certaines publications témoignent de ce conflit :

# 1864  Le Syllabus. Il s'agit de 80 propositions dans lesquelles Pie IX dénonce les erreurs du monde moderne. Dans ce syllabus, il estime que l'Eglise ne peut se concilier avec ce monde.

 

# 1869 Concile Vatican I. Nouveau dogme de l'infaillibilité Papale (précisé en 1907).

 

# 1907 Pie X condamne le modernisme :

-          Lamentabili

-          Pascendi 

 

# 1910 On impose un vœu d'anti-modernisme au clergé. Cela continuera jusque sous Pie XII. Il est impossible d'être Catholique et moderne en même temps. (Et cela jusqu'au XXème siècle).

  

2) Le Catholicisme épouse la modernité.

C'est une seconde étape du développement. La position officielle de l'Eglise ne reflète pas la position des Catholiques. Nous sommes en présence de personnes clefs du développement de la piété chrétienne dans son rapport avec la modernité :

·         John Newman (Ancien anglican)

·         Henri Lacordère

·         Albert De Mum

·         Maurice Blondel.

C'est un courant qui épouse la modernité. Les catholiques se sentent profondément en accord avec le courant de leur époque et militaient en faveur des libertés démocratiques. Ils portaient une attention particulière au monde ouvrier et avaient un contact délibéré avec l'incroyant. Plusieurs particularités sont à présenter, ici :

-          Lecture de la Bible,

-          Renouveau liturgique,

-          Engagement politique et social.

  

3) Vatican II.

Avec ce nouveau concile, l'Eglise se remet à jour. C'est la victoire du courant moderniste. L'intégrisme actuel peut-être compris comme un vestige du refus du modernisme du siècle dernier. Le personnage clé de Vatican II est le Pape Jean XXIII. Il a rendu un grand service aux progressistes en leur donnant la parole. Il introduit une distinction fondamentale (discours d'ouverture).- "La substance de la doctrine ancienne est une chose, la façon dont elle est présentée en est une autre". C'est en fait la différence entre le fond et la forme. Et pourtant ! Nous constatons qu'en ce qui concerne l'Eglise catholique, ce qui a changé c'est la Forme... Mais pas le Fond!- 3 accents du Catholicisme majoritaire :

·         Biblicisme,

·         Oecuménisme (Même au delà des chrétiens - Universalisme),

·         Piété. En particulier :

° Foi et Christ,

° Prière,

° Etude Biblique,

            ° Témoignage,

            ° Mysticisme,

            ° Culte Mariale,

               ° Fidélité Papale.

Dans notre prochaine partie, nous étudirons l'aspect doctrinal du catholicisme

Par Le théologien - Publié dans : Histoire de l'Eglise - Communauté : Pasteurs de France
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 15:26

Il y a dix ans de ça, Antoine Nouis faisait parraitre un exellent ouvrage ayant pour titre "un cathéchisme protestant. (Il vous est possible de commander cet ouvrage en cliquant sur l'image).

 

Epicure dit qu'on ne peut rien dire de la mort, puisqu'on ne là connaît pas. A la différence des religions des pays qui entourent Israël, le Premier Testament dit presque la même chose. La mort est silencieuse. Si un jour elle est appelée à disparaître, pour l'instant elle engloutit tous les vivants.

L'espérance de la résurrection apparaît tardivement et s'enracine principalement dans celle du Christ.

 

A. La résurrection

Après la mort de Jésus, il s'est passé quelque chose qui a bouleversé la vie des disciples et qui les a fait se lever et témoigner de l'Evangile malgré l'opposition des religieux, puis des politiques. Ce quelque chose a été appelé résurrection: Celui qui était mort a été revu vivant.

La première Eglise confesse que cette résurrection est une brèche dans la mort, et qu'elle anticipe la résurrection de tous les hommes.

 

B. Ce que la résurrection n’est pas

1. La résurrection n'est pas l'a-mortalité

L'homme a toujours caressé l'espoir de ne pas mourir. Mais que serait une éternité non guérie de nos infirmités? Une malédiction.

2. La résurrection n'est pas l'immortalité de l'âme

Les Grecs croyaient à l'immortalité de l'âme. La résurrection s'oppose à cette conception en affirmant que la mort n'est pas une délivrance, mais une ennemie vaincue à la croix.

3. La résurrection n'est pas la réincarnation

Beaucoup de chrétiens croient à la réincarnation alors qu'elle est opposée à la résurrection. Tout sépare ces deux systèmes de pensée, la compréhension de la vie et de la mort, de la liberté et de l'amour, de l'homme et de Dieu.


 

C. Ce que la résurrection dit 

1. La résurrection est l'affirmation de la mort

Dans notre société où l'on a tendance à cacher de plus en plus la mort, la résurrection affirme la réalité de la séparation, d'une coupure radicale.

2. La résurrection confesse l'importance du corps

Dans la Bible l'homme est un, il est corps, âme et esprit sans qu'on puisse séparer ces trois dimensions. Confesser la résurrection, c'est affirmer une espérance pour toute la personne.

3. La résurrection est le salut du monde

La résurrection est liée à ce qu'on appelle l'eschatologie, la fin des temps. Elle s'articule avec la victoire finale du Christ, lorsque Dieu sera tout en tous. C'est bien plus qu'une petite affaire privée entre Dieu et notre âme.

4. La résurrection commence aujourd'hui

Jésus dit: Je suis la résurrection et la vie, et Paul affirme: Vous êtes ressuscités. La résurrection parle d'une vie qui commence aujourd'hui et qui dépasse nos limites.

 

D. Envoi: croire à la résurrection de la personne

- La résurrection nous dit la réalité de la mort, de la coupure, de la séparation. C'est ce que nous vivons lorsque nous devons affronter un deuil.

- Elle nous dit aussi que cette absence n'est pas sans espérance. L’Espérance de la résurrection est portée par l'Ecriture et toute l'Eglise

Par Le théologien - Publié dans : Doctrine - Communauté : Pasteurs de France
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