Les ministères et les Signes

Publié le par Le théologien

I GENERALITES.
 
1) L'Ancien Testament.
 
Nous avons communément l'habitude de penser qu'une des particularités de la Nouvelle Alliance est le sacerdoce universel. Certains vont bien jusqu'à dire que cette volonté divine était déjà décrite dans l'Ancien Testament (1Act. 2:14-22) mais ne s'aventureront guère à y voir le moindre germe d'un tel service de tout les croyants. Et pourtant ; à bien y regarder nous pourrions déceler ici et là bien plus que de simples traces qui annoncent que Dieu veut un peuple entier qui soit à son service. Nous savons que dans le Moyen-Orient ancien, c'était le chef de famille assurait la direction du culte (toute une étude sociologique sur la famille : fondement d'une nation pourrait être entreprise à cet égard. Nous pourrions prendre un chef de famille (Jacob - Israël) : C'est une personne, une famille, une tribu, une nation et même au delà. Voir Frédéric de Coninck, Éthique chrétienne et sociologie, Éd. Sator, Coll. Alliance, Méry/Oise 1992, pp. 5-12.). La Bible est très explicite sur ce point. Par la suite, la révélation de l'Écriture nous raconte que Moïse a fait une institution des Lévites en la famille d'Aaron. (3Nous noterons que l'Église Catholique justifie la différence des clercs et des laïcs avec cet événement d'ordonnance de prêtres dans l'ancienne alliance). Nous sommes donc en présence d'une source qui nous permet d'entrer en réflexion : Qu'en est-il de cette institution? Le livres des Nombres nous rapporte que «L'Éternel parla à Moïse et dit : "Voici que j'ai pris les Lévites du milieu des Israélites, à la place de tous les premiers-nés, des aînés des Israélites ; et les Lévites m'appartiendront".» (4Nom. 3:11-12). Nous le voyons bien avant en Exode 6:7 : c'est tout le peuple qui appartient à Dieu.). En fait, cette mise à part apparait comme une substitution pour chaque famille. Dans le même chapitre, nous trouvons un dénombrement des Lévites qui s'élèvent à un total de vingt-deux mille (Nom. 3:39.) et un peu plus loin un autre dénombrement des familles Israélites qui elles s'élèvent à un total de vingt-deux mille deux cent soixante-treize. L'imposition d'un tribut pour les deux cent soixante-treize premiers-nés en plus (Nom. 3:46.) nous invite au constat d'un sacerdoce universel (Ainsi, chaque famille en Israël avait 1 Lévite pour le représenter devant Dieu. Chaque sacrificateur représente une famille. En fait : Tous servent Dieu).
Nous pourrions supposer, à ce stade de l'étude qu'en fait, c'est seul le chef de famille qui est au service de Dieu. Mais nous tenons à affirmer ici le service de toute la famille en admettant le patriarche comme porteur de la responsabilité (Nous manquons ici de temps pour développer qu'en un nom, celui de Jacob par exemple, nous pouvons avoir la désignation du couple et de la famille. De plus nous risquons de nous éloigner de notre propos.).
Nous avons pris du temps pour décrire un système du service divin. Cet article neutre que nous venons d'employer éveil l'attention (c'est en tout cas ce que nous espérons) sur une autre réalité non moins importante du ministère. Parallèlement à ce culte, il y a un autre service. Les prophètes (mais aussi les Juges). C'est le Ministère dit "Charismatique" mais nous n'allons pas nous attarder deçu (voir Sylvain ROMEROWSKY, L'œuvre du Saint-Esprit, ancienne et nouvelle, Éd. CCCM, Mulhouse 1989, pp. 16-21.).
 
Nous signalerons en conclusion qu'en plus de l'Institution Lévitique, nous avons les Ministères événementiels. Nous ne devons donc pas nous étonner qu'avec un système moins formel (et certainement moins scripturaire dans son organisation bien qu'attesté bibliquement nous laisse dans une nuée qui souhaitons le, ne soit pas si opaque qu'elle semble l'être pour certains) l'histoire de l'Église dans son ensemble ait eu une difficulté à reconnaitre ce système de service. (Il nous faut cependant redire que les deux ne doivent pas s'opposer, comme cela est arrivé tout au long de l'histoire de l'Église. Les deux systèmes se complètent mutuellement. Ils ne s'opposent pas.).
 
 
2) L'appel au service selon le Nouveau Testament.
 
  a/ L'appel au sens large.
 L'appel est un mot qui fait partie du vocabulaire Sotériologique. Il est utilisé 241 fois dans le Nouveau Testament. Le chrétien, c'est un Appelé (Apoc 17:14). L'appel est une étape dans l'appropriation du Salut. (Rom 8:30). C'est en rapport avec la prédestination mais aussi avec la sanctification (Eph 4:1). Dès lors nous pouvons affirmer que la vocation, c'est premièrement l'appel au salut à la vie chrétienne et au service.
 
 b/ L'appel dans le sens étroit.
Dieu nous appelle à une certaine tâche. Par exemple, Saint Paul est Apôtre par appel. Dans le livre des Actes nous trouvons son appel missionnaire (Act. 13:2). Nous pouvons aussi relever un appel à une action déterminée (Acts. 16:10). Les vocations sont donc différentes selon l'appel.
 
 Conclusion.
 Nous avons vu d'une part que tous les croyants sont appelés à servir Dieu et d'autre part que par une nécessitée d'organisation et de direction certains sont appelés à une tâche de supervision. Il nous faut connaître à présent ce qu'est cette tâche et à quoi elle correspond.

colombe.jpg

II LE VOCABULAIRE
.
 
Passant sur l'Ancien Testament (nous sommes cependant conscients qu'une étude approfondie serait importante), le Nouveau nous propose plusieurs termes employés pour définir les responsables de l'Église.
 
1) presbuteros.
Ce terme est courant dans le judaïsme à l'époque de Jésus et des Apôtres. Il désigne pour la première fois des responsables d'Églises dans le livre des Actes (Act. 11:30). Avant encore, il était question des disciples (Act 9:26, 36). Il est intéressant de voir que le terme apparait ainsi après que l'Évangile soit parvenu aux païens (Act. 10). La mention de l'expression "les frères" dès le début du chapitre onze est certainement à mettre dans ce nouveau contexte. "frères" est une expression associée aux "apôtres" dans un premier temps puis aux "anciens.". Ceci relève la tension d'une dispute sur la question "qui est frère? ". La réponse se trouve dans le quinzième chapitre des Actes, lorsque les apôtres, les anciens et les frères écrivent aux frères d'entre les païens Une autre remarque à faire est qu'il n'est pas étonnant de trouver à cet endroit précis, conjointement au terme d'anciens celui de prophète (Act. 11:27). C'est le septième et dernier exemple des dons surnaturels avant la description du premier voyage missionnaire (le premier don était celui des langues lors de la pentecôte). Anciens et prophètes sont des tâches qui non seulement sont issues du judaïsme, mais qui en sont la base à l'époque du Christ.
Nous assistons donc à un déplacement cette responsabilité qui à présent incombe aux disciples du Christ. Cependant, nous ne sommes plus vraiment en présence d'une hiérarchie stricte. Il est question de ce que nous pourrions appeler un "gouvernement mixte" où les anciens sont anciens dans l'Église et non pas de l'Église, même s'ils sont décideurs (Act. 16:4). Enfin il est dit des anciens qu'ils sont établit évêques (Act. 20:27.).
 
2) Episkopos.
Contrairement aux anciens, nous n'avons que peu de références (env. une dizaine) pour les "surveillants". Devons nous y voir une fonction différente des anciens? Tite 1:5-7 nous semble bien recouper les deux expressions. Un autre témoin est celui que nous trouvons chez S. Pierre qui exhorte les anciens à paitre le troupeau de Dieu qui est sous leur "episcopat" (1 Pie. 5:2). Nous pourrions aussi prendre en compte le contexte grec. C'est en son sein que ce terme est employé.
 
3) Poimenos.
Nous trouvons dix-sept références néotestamentaires qui d'une façon explicite parle de berger en temps que responsable spirituel. Il est à noter que treize s'adresse à Jésus-Christ. Nous avons donc le privilège de pouvoir de pencher notre attention sur les quatre passages qui sont susceptibles de nous révéler qui sont les pasteurs.
 a/Jean 21:16.
 "Il lui dit une seconde fois : Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aimes. Jésus lui dit : Pais mes brebis". La première affirmation que nous pouvons faire est que Pierre avait donc cette responsabilité pastorale. N'avait-il cependant que cette responsabilité? N'était-il pas aussi Évangéliste (Matt. 4:19), Docteur (Matt. 28:20), et Prophète (Act. 2:14-21)?
 
 b/ Actes 20:28-29.
 "Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques pour paître l'Église de Dieu". C'est un texte fort qui semble bien affirmer que l'évêque ou l'ancien a un rôle pastoral. Cependant, notre question est plus pointue. L'ancien a t-il la responsabilité pastorale ou une responsabilité pastorale telle que chaque chrétien en possède (avec certes une nuance de degré).
 
 c/ Éphésiens 4:11.
 "Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteur et docteurs". Nous n'avons ici qu'une simple présentation des différents ministères sans en avoir la définition. Nous remarquons au passage ; et nous n'aurons pas à le faire plus tard, qu'ils sont des dons. Cela est intéressant à retenir pour la deuxième partie de notre étude.
 
 d/1 Pierre 5:2.
 "Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre épiscopat, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec « dévouement ». De même teneur et de densité qu'Actes 20:28 nous pourrions faire les même commentaires en ajoutant que nous ne sommes nullement obliger de voir ici la description précise d'un ministère. Nous pourrions classer cette référence en une simple exhortation qui n'a d'autre but que la responsabilité de tous, sachant que celui qui est le Souverain Berger, c'est Jésus (Ce n'est pas un hasard si ces quelques lignes sont sous la plume de Pierre).
 
4) Les ministères.
Cette partie sera certes plus spéculative que les autres mais très pragmatique. Nous proposons une classification des ministères décrits dans le quatrième chapitre de l'épître aux Éphésiens. Les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs. Nous assistons à un développement anarchique des ministères qu'il serait temps de clairement définir. Le risque qui nous guette est d'avaliser les schismes qui se produisent par le biais de différentes personnalités qui ont certainement reçu un ministère de Dieu. Cela engendrerait à coup sûr une situation inextricable qui aurait pour conséquence une mésentente des milieux évangéliques pour des causes qu'une fois encore nous ne serions capables d'élucider que la génération postérieur.
 
 a/ Le Prophète.
  Bien plus que de simples dons, les ministres-serviteurs sont des personnes. Un lien étroit peut être établi entre le don et le ministère ; cependant une personne qui prophétise n'est pas forcement prophète. Le prophète est celui qui parle de la part de Dieu. Si une personne qui prophétise peut avoir une vision, le prophète est celui qui a une super vision. Il ne faut pas omettre qu'il est au service de l'Église et pour cela doit disposer de la responsabilité que Dieu lui confère. Assez rapidement, nous constatons que cet homme de vision est amener à pointer son doigt vers un point que Dieu lui montre. son rôle de "leadership" (Nous demandons vos excuses pour ce terme anglophone qui cependant n'a pas de strict correspondant en français.) l'amène à ne pas premièrement être retenu par la lourdeur de la marche spirituelle de l'assemblée dans laquelle il exerce sa responsabilité mais à exhorter de façon charismatique (conformément aux écritures, il va de soit) les membres de l'Église à entrer dans la vision proposée.
 
 b/ L'Évangéliste.
 Si nous sommes tous appelés à être des témoins (biens plus que de simples balises de repères), nous reconnaissons à l'Évangéliste un ministère particulier envers les non-croyants mais aussi les croyants qu'il doit amener à une annonce correcte de l'Évangile qu'ils ont reçu. Il va de soit que certains dons sied particulièrement à ce ministère, à savoir ceux dit de "puissance" pour une conviction que seul le Saint-Esprit peut donner.
 
 c/ Le Pasteur.
 Le pasteur quant à lui est ce ministre qui veille particulièrement à la bonne marche de l'assemblée. Il est comme de ces chiens de bergers qui ressert le troupeau afin que tous et chacun puisse suivre la vision proposée par le Prophète.
 
 d/ Le Docteur.
 C'est l'enseignant. Nous tenons ici à distinguer ce service de celui qui a été décrit précédemment. Certains "docteurs ardents" n'ont pas forcement le tact nécessaire pour prendre soin des brebis et s'attarder à dès problème d'ordre poïménique (Deux remarques sont ici importantes : Cela ne signifie pas que l'enseignant soit insensible ou que le pasteur s'attarde forcément. Notons aussi que l'Enseignant n'est pas dispensé de sa responsabilité chrétienne de veiller sur les autre).
 
 e/ L'Apôtre.
 Nous avons placé ce ministère en dernier sans oublier qu'il se trouve en tête de liste. Nous pouvons considérer l'Apôtre comme ce pionnier polyvalent qui est en mesure d'Évangéliser pour voir naître une Église, lui donnera une vision, lui permettra de s'établir sur les fondement de la foi tout en préservant la stabilité de chacun.
 
5) Conclusion.
En conclusion, nous sommes bien obligés de constater que peu nombreux sont les textes qui pourraient affirmer ne serait-ce qu'une priorité pour le ministère pastoral en comparaison des autres ministères (Et doivent-ils être comparés?). Si nous recherchons une cause à cette importance dans nos milieux chrétiens (Tant catholiques que protestants) nous n'aurons aucune difficulté à découvrir que l'histoire de l'Église nous livre la clef de l'énigme. Les Luthériens du XVIme siècle étaient d'accord pour considérer le baptême par immersion comme étant biblique mais n'y portait guère d'attention. Il en va de même pour le ministère pastoral (et à bien plus forte raison). Devons-nous, sous prétexte de ce qui existe garder une conception qui même si pour nous est claire, ne l'est pas pour le monde séculier qui donnera a un pasteur protestant le même titre qu' a un prêtre catholique? N'est-il pas regrettable que la robe universitaire soit redevenue habit ecclésiastique (peut-être qu'en cette fin de siècle nous devons plutôt dire "cravate" pastorale)? Nous oublions facilement qu'en Allemagne, soixante pour cent des prédicateurs réformés étaient d'anciens prêtres catholiques. En France, face aux ministères décrit dans le livre aux Éphésiens, la solution de Calvin fût la suivante : Nous n'avons plus ni apôtre, ni prophète depuis la clôture de la révélation néotestamentaire ; notre monde est chrétien et n'a plus nécessité d'évangéliste ; l'enseignement est dispensé dans les écoles (le Conseil des deux-cents est en relation constante avec la Compagnie des pasteurs) ; il ne reste donc plus que le ministère pastoral réaffirmé cependant avec le sacerdoce universel.
 
 
III LE SIGNE ACCOMPAGNATEUR.
 
1) Le Baptême dans le Saint-Esprit.
 
Dans cette partie, nous essayerons de mettre en valeur le lien qui existe entre le service et l'onction pour ce service. Nous tenons là encore à réaffirmer le sacerdoce universel et à ne pas voir dans le Baptême dans le Saint-Esprit une expérience réservée aux seuls ministres de l'Évangile (En fait, elle l'est si nous considérons que tous les croyants sont ministres de l'Évangile).
a/ L'ascension de Jésus-Christ
Nous devons avant d'aller plus loin dans notre étude, considérer l'importance que cet événement a comme répercutions sur notre vie chrétienne. L'ascension est lié à la résurrection, mais distincte. Si nous affirmons que "Ce n'est pas à cause de lui seul qu'il est écrit que cela lui fut imputé ; c'est encore à cause de nous, à qui cela sera imputé, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, qui a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification." (Rom. 4:23-25) nous disons donc que la mort et la résurrection de Jésus-Christ sont pleinement suffisantes pour notre Salut. De même pour nous, il ne suffit pas de naître de nouveau. Encore faut il être assis avec Christ dans les lieux célestes. l'ascension de Jésus-Christ est aussi un signe : le premier homme a être monté au ciel.
 
Il est intéressant de faire le rapprochement entre l'ascension de Jésus-Christ et la mission qu'Il leur confie: "Allez et faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit" (Matt 28:19 ; Mc. 16:15ss. ; Luc 24:47ss.). Cette mission se fait par le Saint-Esprit que Jésus-Christ nous donne (Actes 2:33). Si un rapprochement entre la résurrection de Jésus-Christ et notre nouvelle naissance peut être fait, pouvons-nous faire un rapprochement entre l'ascension et la mission des apôtres? Ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'il y a une proximité entre l'ascension et la mission.
 
En conclusion :
1/ La résurrection est distincte de l'ascension, bien que très liée ; 2/ La résurrection de Jésus-Christ est une assurance pour notre nouvelle naissance. 3/ L'ascension de Jésus-Christ est une assurance pour notre mission car c'est la que la Puissance de l'Esprit-Saint est manifesté en nous.
4/ Cette mission est en rapport avec l'appropriation subjective sans cependant ajouter quoi que ce soit à la rédemption du Christ.
5/ S'il y a confusion, nous ne devons pas nous étonner que certains théologiens confondent Nouvelle naissance et baptême dans le Saint-Esprit. Le point quatre semblerait nous faire pencher vers cette solution : S'il n'y a rien à ajouter, c'est que nous sommes en présence d'une seule expérience. Cependant nous devons faire valoir la "corollarité" et affirmer que de la même façon que l'ascension est la conséquence nécessaire et évident de la résurrection, le Baptême dans le Saint-Esprit est le corollaire de la nouvelle naissance.
 
 b/ Le Baptême de Jésus-Christ.
Une confusion pourrait aussi être faite lors du Baptême de Jésus-Christ, mais bien au contraire, ce baptême semble renforcer cette "corollarité".
Nous sommes chrétiens, à l'image de Christ, lorsque nous recevons l'Onction nous avons une charge dans le royaume en tant que prêtre et prophète parlant de la part de Dieu. La question qui se pose à nous est la suivante : le Christ possédait l'Esprit. Avait-il donc besoin de recevoir à nouveau le Saint-Esprit? Son humanité (Nous ne séparons en rien les natures du Christ en affirmant cela) semble l'y pousser (alors qu'il n'a nullement besoin de conversion). C'est aussi un exemple de ministère (mais pas que cela).
 
En ces quelques phrases nous décelons 1/ L'importance à affirmer une distinction entre nouvelle naissance et Baptême dans le Saint-Esprit, 2/ L'importance à affirmer un lien profond de corollarité entre les deux expériences. 3/ Et peut être avons-nous ouvert une porte sur une explication du Baptême de Jésus-Christ.
 
 
2) L'Imposition des mains.
 
 Tout d'abord, il est intéressant de savoir que, lors de l'institution de la Sainte-Cène, lorsque Jésus-Christ dit "Prenez et mangez-en tous" le même verbe, en grec est utilisé pour dire "Recevez l'Esprit" (lambanw). Cette position catholique n'a cependant pas été retenue par la réforme (Nous verrons ci-après les raisons).
 
Celui qui conçoit un baptême dans le Saint-Esprit comme expérience distincte de la nouvelle naissance est amené à la réflexion sur le schéma suivant : Baptême, Eucharistie... Imposition des mains?
 
On admet généralement qu'il y a deux sacrements au sein du protestantisme. L'Église catholique en reconnait sept. Calvin a pensé, dans l'enfance de son esprit, qu'il pouvait y avoir trois sacrements : le troisième étant la prédication. Je suppose que le fait qu'il ait supprimé ce troisième sacrement est objectif car la prédication seule est insuffisante pour consituer un sacrement (nous pouvons avancer l'idée que ce serait sa conception des ministères qui l'aurait fait pencher vers un abandon de cette piste sur laquelle il s'était premièrement engagé). En fait, la prédication fait partie d'un sacrement attestant une réalité : l'imposition des mains relative au ministère que nous recevons (1 Tim. 4:14) .
Le troisième sacrement c'est celui de l'imposition des mains. Il est en rapport avec le Baptême dans le Saint-Esprit : c'est la mission que Jésus-Christ donne à ses disciples. C'est le service auquel nous sommes appelés.
- Le Baptême est relatif à l'agrégation de la réconciliation paternelle, relatif à notre mort et résurrection en Christ, relatif à la réception de l'Esprit.
- L'Eucharistie est relatif à la Mort et de la résurrection de Jésus-Christ et ànotre marche en nouveauté de vie dans le Saint-Esprit.
- L'imposition des mains est relatif à notre ministère qui découle du Saint-Esprit dans lequel nous avons été baptisé.
Ainsi :
- Le Baptême est le sacrement relatif au père,
- L'Eucharistie est le sacrement relatif au Fils,
- L'imposition des mains est le sacrement relatif au Saint-Esprit
Conclusion.
On pourrait penser que les proposition qui ont été faites sont difficiles à concevoir et bien éloigner de la position calviniste. Certes, Calvin ne manque pas d'ironie pour contrer la doctrine catholique des sacrements. Ce qui est étonnant de sa part, c'est qu'il soit demeuré si prévenant concernant cet acte d'imposition des mains lorsqu'il atteste :
 
"Quant à l'imposition des mains, qui se fait pour introduire les vrais prêtres et ministres de l'Eglise en leur état, je ne répugne point qu'on ne la reçoive pour sacrement. Car, en premier lieu c'est une cérémonie prise de l'Ecriture ; et puis elle n'est point vaine, comme dit S. Paul, mais elle est un signe de la grâce spirituelle de Dieu (1 Tim. 4:14). Que je ne l'aie pas mis en compte avec les deux autres, c'est d'autant qu'il n'est pas ordinaire ni commun entre les fidèles, mais pour un office particulier" (I.R.C. IV, 19:28).
 
Nous sommes pleinement en accord sur la démarche de Jean Calvin mais notre conclusion divergera en ce que cette "grâce spirituelle" est offerte à tous les "fidèles" et pour cette raison, sommes appelés à la mettre en compte avec les deux autres.
 
CONCLUSION GENERALE.
Une brève conclusion s'impose. Notre étude nous a permis dans un premier temps de redonner une place à des ministères qui on été établis. La pratique nous montre que si ce n'est pas le cas, l'Église risque de voir naître en son sein soit un autoritarisme incompréhensible, soit un esprit de révolte qui aura vite fait de gagner tout le peuple de Dieu. Nous devons nous prévenir de ces dangers. Nous sommes aussi conscient des nôtres. Nous ne cherchons ni révolution ni point d'appuis pour cautionner des murmures contre les responsables d'Églises mais invitons ceux-ci à introduire la diversité des ministères qui à première vue sembleraient s'opposer entre eux (La chose est d'autant plus délicate lorsque, remplissant une fonction pastorale, j'ai l'impression qu'une personnalité dans l'Église dont j'ai la charge semble aller à l'encontre du ministère que Dieu m'a confié). Enfin nous avons conclut notre étude en donnant une possibilité à la manifestation des ministères dans les signes que Dieu à donné dans son alliance de Grâce. Serment du Père, scellé par le Baptême ; Sacrifice du Fils, commémoré par la Cène et Promesse de l'Esprit, attestée par l'Imposition des mains. Cependant, nous n'éspérons pas refermer une porte que nous venons juste d'ouvrir et désirons laisser la possibilité à quiconque voudra nourrir cette étude par sa réflexion personnelle.
 
Cf. CALVIN IV, 19:19 (p. 433)
 voir : LADD Vol3 PP 608 ; 679-681 ; 758-759 (il est également question des sacrements) ; 813.
(dons ladd 741)
 
V L'ECONOMIE DU CHRIST ET L'ONTOLOGIE DU CHRETIEN
 
Nous reprenons la première partie en précisant théologiquement notre pensée. Le BSE fait bien partie de la théologie positive et non spéculative.
 D'une part de manière générale et globale on peut présumer que l'économie reflète l'ontologie. Que s'il y a dépendance dans l'ontologie chrétienne (du chrétien) du salut, elle doit correspondre à une réalité économique d'ordre Christique (du Christ). L'économie se branche parfois sur l'ontologie. On peut ainsi justifier notre argumentation certes avec prudence mais avec objectivité.
 
L'ascension de Jésus-Christ est un révélateur. Révélateur pour Jésus-Christ : Le sacrifice est agréé car il monte au ciel il retourne au Père. Révélation de la Divinité de l'Esprit car promesse qu'Il sera avec nous or c'est l'Esprit qui est avec nous. C'est aussi un révélateur pour nous : D'une par la mort de Jésus-Christ nous révèle sa justice mais également que nous ne pouvons pas nous sauver nous même. La résurrection nous révèle que Jésus-Christ est Dieu et que la mort ne pouvait pas le retenir, et ici, l'ascension nous montre que Dieu doit envoyer l'Esprit pour le servir et pour servir les hommes qu'il ne nous est pas possible de le faire sans cela.

Publié dans Doctrine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article