Paradoxes

Publié le par Le théologien

Chers frères et soeurs en Christ,

 

Il me semble que la philosophie a toujours commencé en prenant une forme très curieuse, qu’elle n’abandonnera jamais, à savoir le paradoxe. Et étrangement, les éléments de la foi, de la vie de la foi, possèdent en son sein ce même caractère paradoxal. De là à dire que philosopher et avoir la foi sont les mêmes choses serait stupide. Elles n'ont pas le même objet. Le paradoxe, au niveau le plus simple, consiste à vous dire qu’il y a quelque chose qui est, et en même temps vous ne pouvez pas le penser ; débrouillez-vous avec ça ! En termes techniques je dirais : le paradoxe c’est une proposition qui consiste à poser l’impensabilité d’un étant. Ce que Zénon d’Elée tente de montrer (à travers son célèbre paradoxe d'Achille et de la tortue), c’est que le mouvement en tant que mouvement est impensable, et non pas que le mouvement en tant que mouvement n’est pas comme le font dire beaucoup de commentateurs. Ce que Socrate veut montrer, c’est que le mal en tant que mal ne peut pas être pensé. C’est ça un paradoxe : un paradoxe énonce l’impensabilité d’un étant.

 

Maintenant je reviens sur les éléments de la foi, de la vie de la foi pour être plus précis, et certains paradoxes que j'ai pu observer.

  • Je parle à des hommes et des femmes de foi.
    C'est dire que votre foi est relationnelle, basée sur la confiance et la fidélité ; une relation avec une personne dont l'intensité de sa projection sur vous est telle que vous lui confier vote vie, vos pensées, vos souffrances et vos joie.
    Bien !
    Je vais vous rassurer afin de rentrer dans le réseau : notre foi.
  • Vous êtes des hommes et des femmes de foi du Livre ; j’entends par là, la Bible.
    C'est dire que votre foi est alimentée par des paroles du Livre. Ces paroles sont réconfortantes, dérangeantes ; elles vous apportent une ligne de conduite et de pensée.
    Bien !
    Les 10 commandements sont la base de votre foi même si elles le sont indirectement parce que vous avez pris le parti de la grâce et non de la loi ; l'esprit et non la lettre sont en vigueur dans votre pratique religieuse.
    Un rabbin précise que ce qu'on nomme "10 commandements" devrait être nommé "10 Paroles" avec une direction de promesses. Les 5 premières paroles conditionnent l'application des 5 promesses qui suivent. Les 10 Paroles !
    Bien !
    Je vais vous rassurer afin de rester dans le réseau : notre foi.
  • Vous êtes des hommes et des femmes de foi d'une communauté;
    C'est dire que votre foi manifeste un mouvement singulier en rapport avec les autres singularités exprimées par la foi des autres. Le visage de l'autre est important et primordiale pour façonner votre foi et votre identité à construire ou, selon une catégorie de puristes, à reconnaitre.
    Bien !
    Je vais vous rassurer afin de ne pas sortir du réseau : notre foi.
  • La Communauté doit correspondre à celle que vous trouvez appropriée à l'avancement de votre foi. D'aucun pense que toute communauté n'est pas bonne pour cet avancement. Seulement chacun a une communauté qui lui permet d'avancer. Les puristes pensent que c'est là le souci : Leur foi n'avance pas parce qu'ils ne sont pas dans la communauté adéquate pour une avancée de leur foi. il y a différents puristes. Il y a les puristes fondamentaux, les puristes libéraux, les puristes démonstratif de la foi. Les débats se déclenchent directement ou indirectement.
    Moyen !
    Je vais vous rassurer pour vous dire qu'il y a des nœuds dans le réseau : notre foi
  • Vous êtes des hommes et des femmes de foi, humains.
    C'est dire que cela va sans dire !
    Est jugée la foi selon la Communauté (l’Eglise si vous voulez) au moyen du livre. Car la foi est rattachée au deux. La foi est disséquée, analysée, approuvée conforme ou pas, par les deux moyens essentiels que Dieu à mis à la disposition de sa créature qui est à son image. Il faut sensibiliser chacun pour surveiller la foi : sa validité et son perfectionnement.
    Bien !
    Je vais vous rassurer parce que je suis dans ce réseau : notre foi.

Maintenant je veux provoquer, interroger, déranger, réconforter.

  • Comment arrivez-vous à faire la part de l'humain de celle de Dieu par l'utilisation des deux moyens que Dieu lui-même mets à votre disposition ?
    Vous répondrez que c'est l'Esprit de Dieu. Certes, mais cette réponse fait partie de la question que j'ai posée et n'est pas une réponse.

    La certitude d'être dans le vrai que vous procure le Livre et la Communauté justifie-t-elle l'assentiment de Dieu quant à l'attachement et l'utilisation que vous en faites ?
    Vous pouvez répliquer que vous appliquez les règles méthodologiques que le Livre contient en son sein pour éviter cet écueil. Le problème est que la méthode diverge selon ses concepteurs et utilisateurs. La validité d'une méthode n'est pas acquise directement par révélation mais par une approbation consensuelle, "communautarisée". Si vous dites qu'elle est seulement par la révélation, qu'elle autorité assurerait cette vérité ? Un humain ? Qui lui accorderait cette légitimité ? Dieu ? comment le savoir ? La Parole ? mais on revient au problème de base. La raison est quelque part le garant de cette validité. Pourquoi donc faut-il ensuite hiérarchiser la foi et la raison, mettant la foi au premier rang ? Comment pouvez-vous jauger la Foi par la Parole qui est certifiée conforme selon la validité de la méthode étant elle-même le produit de la raison ; cette dernière sous-tendant que la révélation valide l'autorité suprême de la Parole ? L'autorité suprême provient-elle de la raison ou de la révélation ? Comment pouvez-vous dissocier les deux pour finalement les hiérarchiser ?

    Que produisent la lecture et l'étude du Livre sur vous ? Resserre-t-il les liens des certitudes ou ouvre-t-il le champ du "encore possible" non exploité, le "possible du Dieu de la Parole" ? Quel lien créez-vous entre vos certitudes et ce champ ouvert du "possible de Dieu" ? Avez-vous une réponse à cette question ?
    Pensez-vous que le Livre égal Dieu ? Si oui, avez-vous tout saisis Dieu, car qu'est-ce qui vous empêcherait de le saisir dans ce cas ? Si non, vous aide-t-il à le saisir ? Comment ?
  • Comment percevez-vous Dieu ? Le pouvez-même ? En êtes-vous certain ?
  • Ces questions posent-il problème à votre foi ? Les trouvez-vous gênantes pour votre foi ? Sont-elles compatibles avec votre foi ? Si oui, pourquoi, Si non, comment se fait-il ? Sont-elles digne d'un évangélique ?

    Le juif pense qu'il ne faut pas parler de Dieu mais parler à Dieu ?
    Je pense qu'il faut parler à Dieu et de ce fait, en le faisant, parler de Lui, mais avec la prudence de celui qui ne sait pas, ou si peu. Mais comment un être moralement et spirituellement faible, peut arriver à le vivre convenablement, c'est à dire dans la paix durable vis à vis de Dieu et vis à vis de la Communauté ? Le peut-il de manière durable si une communauté ou une famille de communautés n'arrive pas à exprimer complètement le coeur du Père et du Fils ?

    Croyez-vous être capable d'être sous la grâce sans faillir aux 10 paroles ? Est-ce que la grâce anéantie ses 10 Paroles ? Si oui, en êtes-vous sûr ? Si non, a-t-elle le pouvoir de l'accomplir en vous ?
    Jésus n'a-t-il pas révélé la profondeur de l'iniquité de l'homme en reprenant quelques parties des 10 Paroles ? N'a-t-il pas dévoilé la faillite de l'homme et l'aspect incurable de sa condition ?
    Un chrétien ne pèche-t-il pas ? Est-il capable de s'élever au dessus de sa condition d'homme pécheur pendant sa vie terrestre ?
    Si vous répondez oui à ces dernières questions, c'est parfait...mais comment concrétiser cette perfection idéaliste ?
    Le Livre est-il suffisant pour lui ? L'esprit de Dieu ne se sert-il que du Livre ? ( afin d'éviter tout malentendu, je veux préciser que la Bible est, à mes yeux, la Parole de Dieu dans son complet pour l'humain).
  • Nous sommes des hommes et des femmes de Dieu.
    Comment liez-vous la foi et l'amour pour Dieu ? Comment votre amour pour lui détermine votre foi en lui ? Pensez-vous que votre amour pour Dieu serait un étalon de l'amour pour votre prochain ou est-ce l'inverse ?

    Pensez-vous que vous êtes libre de penser ? Votre foi vous libère-t-elle de la pensée ? Si oui de quelle liberté pensez-vous qu'il s'agit ? Si non, comme articulez-vous la foi et votre pensée ? Cette liberté augmente-t-elle votre amour pour votre prochain ?

    Etes-vous certains que votre croyance est une foi et non une superstition ? Démontrer la nature de leur différence dans vos vies ?
  • Pourquoi je m'autorise de vous poser ces questions ?
    Droit d'autorité ? Non, car je fait partie des moindre des chrétiens, moralement et spirituellement (Certains pourrait y voir une confirmation par cet email même. Qu'importe ! il faut dépasser ce jugement de valeur).
    Par méchanceté ? Je ne le pense pas
    Par provocation ? Oui, mais sans orgueil.
    Parce que je crois que le corps de Christ est malade ? Oui, l'étant en premier et voyant d'autres malades, non pas tous, atteints d'autres maladies que moi, mais qui se croient en bonne santé ou pas en trop mauvais état.
    Cela dit, faire l'analyse de ma psychologie ne résout pas le problème que je vous soumets ainsi que ces questions. Certainement un besoin personnel, mais cela va bien au delà de cette évidence. Je souhaiterai que vous ne vous arrêtiez pas à mon cas pour en rester là, en analysant la bête. Je dis cela au cas où vous auriez la tentation de le faire par une sorte de fuite charitable.

    Vous pensez que cela n'avance à rien ! Qu'il en soit selon votre perception !
    Vous pensez que cela vous apporte quelque chose pour notre communauté et notre foi, qu'il en soit selon votre foi et votre pensée !

Je lisais récemment dans "L'ignorance étoilée" de Gustave Thibon, "Justifier Dieu, c'est justifier une certaine conception qu'on a de Dieu et c'est, par conséquent, se justifier soi-même." Cependant, n'oublions pas que "l'âme, à la différence du corps, se nourrit de sa faim" et pour terminer, afin que vous sachiez quel esprit anime cet email : "Je sens que tout est vain à mesure que je m'aperçois que tout me ressemble." Et je vous dis cela sans état d'âme !

 

Le Christ est celui qui, par une démesure de bonté et de grâce, saura poursuivre son œuvre immortelle dans le cœur de ses enfants..."animal" ( âme - latin anima). J’entends par là justifier Dieu qui, j'espère par ces propos, ne me justifie pas mais honore le Créateur et Seigneur !

 

Je vous salue fraternellement,

 

Christian PRADEL

 

 

"Il y en a qui sont tellement certains de leur conviction qu'ils ne se laissent plus convaincre par ce qui est certain ! C'est le comble de l'aveuglement ou le paroxysme de la bêtise."
Christian le 22 janvier 2009

 

 

 

 

 

 

 

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